Des remèdes et moins d’interdictions

Par ailleurs, cette région connaît une refonte de son réseau de transport et de mobilité, avec la création de 68 nouvelles gares et la rénovation de 166 autres. Ce projet bouleverse le maillage commercial et modifie les dynamiques de fréquentation. On observe ainsi une redistribution des flux de clients vers des zones périurbaines où certains buralistes bénéficient d’une clientèle plus stable et régulière, alors que les commerces parisiens intra-muros souffrent d’une baisse d’attractivité depuis plusieurs années. Philippe ALAUZE, Président des buralistes Paris et Ile de France nous explique les particularités des buralistes parisiens, l’importance de la vape pour une transition réussie et les enjeux fondamentaux de la profession en général.

Quelles sont aujourd’hui les attentes des clients parisiens et comment les buralistes s’y adaptent-ils ?

Elles sont globalement les mêmes que celles des consommateurs partout en France. Cependant, un enjeu majeur pour les buralistes est d’accompagner la transition vers une sortie du tabac en proposant une offre adaptée.

L’une des principales transformations que nous devons opérer est la diversification vers la vape. Aujourd’hui, il est essentiel pour chaque buraliste de maîtriser ce marché et de proposer une alternative crédible aux fumeurs souhaitant réduire ou arrêter leur consommation de tabac. Cela fait maintenant près de 15 ans que la vape s’est imposée comme la solution la plus efficace pour le sevrage tabagique. Les buralistes doivent donc être en mesure de conseiller leurs clients et de proposer des produits de qualité pour faciliter cette transition.

En parallèle, de nouveaux services émergent pour répondre aux attentes des consommateurs, comme le click and collect ou des offres premium. Ces innovations permettent aux buralistes de moderniser leur activité et d’attirer une clientèle en quête de praticité et de nouvelles expériences d’achat.

Est-ce que, selon vous, ces tendances sont vouées à se généraliser ?

Dans les zones urbaines, et notamment en Île-de-France, ces évolutions semblent inévitables. Aujourd’hui, environ 15 % des buralistes de la région exercent en milieu rural et il est évident que des services comme le click and collect ou le relais-colis ont vocation à se développer. Ces solutions, souvent portées par des pure players, répondent à une demande croissante des consommateurs.

Cependant, un défi majeur se pose : la configuration de nos établissements. En Île-de-France, la plupart des bureaux de tabac disposent de petites surfaces de vente et ne peuvent pas facilement allouer de l’espace supplémentaire à ces nouveaux services. Avec des loyers élevés et un prix au mètre carré particulièrement contraignant, il est difficile pour de nombreux buralistes d’intégrer ces offres sans repenser totalement leur organisation et donc revoir aussi leur modèle économique.

Ainsi, plutôt que de s’orienter massivement vers des services très consommateurs d’espace, nous devons privilégier des solutions qui optimisent notre efficacité et qui s’intègrent naturellement à notre réseau et au maillage urbain.

 

 

La digitalisation et les nouvelles technologies transforment de nombreuses entreprises. Quel impact cela a-t-il sur la gestion des bureaux de tabac et la fidélisation des clients ?

La digitalisation joue un rôle croissant dans notre activité, mais elle doit être mise en œuvre avec précaution, notamment en raison des réglementations strictes qui encadrent la communication sur le tabac et la nicotine. Par exemple, il est interdit de promouvoir des produits du tabac en ligne et la publicité pour les produits contenant de la nicotine est également restreinte. Nous pouvons néanmoins communiquer sur le matériel de vape, mais toujours en restant vigilants sur la réglementation en vigueur.

Un autre impact majeur concerne les modes de paiement. Depuis la crise du Covid-19, les paiements numériques se sont généralisés, bouleversant nos habitudes et notre gestion quotidienne. Pour nous, buralistes, c’est un enjeu crucial, car nous travaillons sur un modèle économique basé sur des produits à commission et non à marge, du moins en ce qui concerne le tabac. Or, la transition vers la vape nous permet de proposer des produits à marge, ce qui change fondamentalement notre rentabilité.

Ainsi, la digitalisation est une double opportunité : d’un côté, elle modernise nos outils et facilite la fidélisation des clients, et de l’autre, elle accompagne la transformation de notre activité vers des produits plus rémunérateurs, comme la vape.

« Aujourd’hui, le grand défi est de repositionner les buralistes en milieu urbain en tenant compte des mutations de la mobilité et des nouvelles habitudes de travail. »

Vous l’évoquiez, l’impact des politiques publiques locales, notamment les évolutions de la mobilité, les zones piétonnes et les restrictions de circulation, a-t-il une incidence sur l’activité des buralistes en Île-de-France ?

Énormément. L’une des spécificités du commerce en milieu urbain est notre forte dépendance aux flux de passage, qu’il s’agisse de piétons, d’usagers de mobilités douces ou encore de véhicules motorisés. Or, ces flux sont profondément modifiés par l’évolution des politiques publiques, notamment avec la mise en place des zones à faibles émissions (ZFE), qui limitent l’usage de la voiture. D’un point de vue environnemental, c’est une avancée positive, mais cela impacte directement la fréquentation de nos établissements.

L’Île-de-France connaît également des transformations majeures avec le projet du Grand Paris, qui redirige une grande partie de la population vers de nouveaux pôles de transport et modifie en profondeur les habitudes de déplacement. Un point clé à noter est que les buralistes n’ont pas accès aux gares, considérées comme des espaces publics, alors que notre réseau repose principalement sur un maillage de commerces privés. Cela nous place en dehors de certains flux de consommateurs et constitue un véritable enjeu pour l’avenir.

Pendant des années, la profession a su répondre aux besoins des territoires ruraux et s’y ancrer durablement. Aujourd’hui, le grand défi est de repositionner les buralistes en milieu urbain en tenant compte des mutations de la mobilité et des nouvelles habitudes de travail. Il est impératif de trouver des solutions pour rester au plus près des flux clients et continuer à les capter.

Ce défi est d’autant plus crucial dans la transition vers la vape. Nous devons accompagner nos clients dans cette évolution et accélérer la conversion des fumeurs en vapoteurs. La vape et la combustion douce tel que le tabac à brûler, les sachets de nicotine reste les outils les plus efficaces de réduction des risques*, et il est essentiel que les buralistes, historiquement présents sur ce marché, renforcent leur position. Cela passe par une adaptation à ces nouvelles dynamiques urbaines et une meilleure intégration dans les nouveaux parcours clients.

*NDLR : la combustion et la nicotine restent tout de même des facteurs à risques (maladies/dépendance)

 

 

Est-ce qu’il y a un dialogue avec la municipalité pour adapter la réglementation aux besoins des buralistes ?

Oui, il y a un dialogue en cours, principalement sous forme de lobbying. Nous agissons déjà à travers plusieurs services comme le click and collect et des services bancaires. Nous avons élargi notre rôle, devenant des percepteurs numériques, par exemple avec le paiement de télépéages. Le dialogue se fait principalement au niveau confédéral, surtout en Île-de-France, avec un focus sur Paris, mais cette dynamique peut s’étendre à d’autres grandes métropoles comme Lyon ou Marseille.

Le but est de maintenir les buralistes dans les zones urbaines à fort flux tout en diversifiant leurs services, avec un accent particulier sur la transformation de nos établissements vieillissants. Nous avons un défi important : convertir nos clients en vapoteurs. La vape devient ainsi un remède pour sortir du tabagisme, et même si elle est attaquée sur certains aspects comme les saveurs, il est essentiel de maintenir cette alternative viable. L’État pourrait s’inspirer des exemples d’autres pays, comme l’Angleterre, pour promouvoir la vape comme une solution efficace. Le vrai enjeu est de se retrouver dans les bonnes zones de flux et de transformer nos magasins pour répondre à la nouvelle demande.

« Il serait bénéfique de travailler sur une enseigne commune pour la vape. »

Paris est une ville où le tourisme est clé, justement la réglementation sur la vape peut-elle impacter la clientèle étrangère des buralistes ?

La réglementation sur la vape peut effectivement impacter la clientèle étrangère des buralistes, car les modes de consommation et de distribution du tabac et de la vape varient d’un pays à l’autre. Les touristes cherchent à retrouver leurs habitudes de consommation, et pour cela, il est crucial que les buralistes en France identifient clairement leurs points de vente. En France, nous avons cette force avec l’identification claire des bureaux de tabac grâce à la « carotte », symbole de notre métier, qui est aussi utilisé pour d’autres addictions comme les jeux. Il serait pertinent d’étendre cette visibilité à la vape, afin que les touristes puissent facilement repérer des lieux de vente professionnels et bien identifiés.

Pour capter cette clientèle, il serait bénéfique de travailler sur une enseigne commune pour la vape, comme c’est le cas pour le tabac et les jeux. Il existe une réelle opportunité de professionnaliser les points de vente de vape et de permettre aux clients étrangers de se repérer rapidement. Cependant, cela nécessite de mettre en œuvre cette identification et d’appliquer une véritable professionnalisation.

L’intégration de nouveaux produits comme la cigarette électronique ou le CBD est-elle une nécessité ou un pari risqué pour les buralistes ?

L’intégration de la cigarette électronique ou du CBD est avant tout une nécessité pour la survie des buralistes. Ces produits sont désormais des éléments incontournables pour diversifier l’offre et répondre aux attentes des consommateurs. Toutefois, il est important de bien adapter ces produits à chaque point de vente en fonction du parcours client et de l’espace disponible.

Le merchandising joue un rôle essentiel : il est crucial de bien agencer les linéaires pour identifier clairement les différentes offres, que ce soit pour le tabac ou la vape. Bien que les buralistes ne puissent plus utiliser certaines couleurs pour distinguer les produits de tabac, ils conservent un savoir-faire en matière d’identification visuelle qui peut être transposé à la vape.

Il est également possible de transformer un bureau de tabac en un espace hybride, où la vape et le tabac cohabitent harmonieusement. Ce modèle a d’ailleurs été adopté avec succès par plusieurs établissements.

 

 

Cela implique un travail important sur l’agencement le parcours client et l’optimisation de l’espace…

Le défi réside dans l’équilibre à trouver entre la diversification des produits, comme le snacking ou d’autres services, et l’identification claire de chaque offre.

Enfin, l’analyse de la zone d’achalandage et de la clientèle est essentielle pour déterminer quels produits proposer. Le mix de services doit être réfléchi en fonction des habitudes des consommateurs, qu’ils soient de passage ou des habitués du quartier. Cela nécessite une optimisation de l’offre, notamment dans les zones à forte densité comme l’Île-de-France, où les prix au mètre carré sont élevés.

Dans ce contexte, bien que cela puisse paraître risqué, les buralistes ont la capacité de réussir cette transformation, à condition de s’adapter aux besoins du marché et de bien maîtriser l’intégration de ces nouvelles offres.

« Les buralistes doivent s’adapter en diversifiant leurs offres avec des produits comme la vape, le CBD, et d’autres services comme le snacking. »

En quoi la situation des buralistes de Paris et d’Île-de-France diffère-t-elle du reste de la France ?

La situation des buralistes parisiens et franciliens est marquée par plusieurs particularités. Tout d’abord, contrairement à d’autres régions, ils sont restés fortement axés sur les produits addictifs comme le tabac, tout en étant confrontés à une forte concurrence du marché parallèle. Ce phénomène est accentué par l’écart de prix entre les tabacs en vente légale et ceux vendus dans la rue, ce qui pèse sur leur rentabilité.

À ce propos, comment percevez-vous l’impact de cette concurrence parallèle sur le comportement des consommateurs dans votre région ?

De plus, en Île-de-France, la gestion des flux clients est plus complexe. Les buralistes se trouvent souvent dans des zones où les prix de l’immobilier commercial sont très élevés, ce qui impacte la viabilité économique des points de vente. Les charges fixes sont donc plus importantes qu’ailleurs en France, rendant plus difficile l’adaptation aux nouvelles réalités économiques.

Le phénomène de gentrification et l’évolution des quartiers ont également un impact. Par exemple, sur les grands axes parisiens comme l’avenue de l’Opéra ou les Champs-Élysées, on constate l’absence de bureaux de tabac en raison des loyers commerciaux prohibitifs et du manque de flux. Le marché du tabac ne suffit plus à compenser ces charges, et les buralistes doivent s’adapter en diversifiant leurs offres avec des produits comme la vape, le CBD, et d’autres services comme le snacking. Cette évolution est d’autant plus urgente face à la baisse des ventes et la pression économique accrue.

Enfin, la concurrence des produits à commission, qui ont longtemps soutenu les bureaux de tabac, a diminué, renforçant le besoin de repenser complètement le modèle d’exploitation des buralistes parisiens et franciliens pour garantir leur survie dans un environnement en constante évolution.

 

 

Effacer les bureaux de tabac de certaines zones est un acte délibéré, mais est-ce la bonne solution ?

C’est délibéré. Il y a une volonté de la société de diminuer la présence du tabac, une démarche qui s’exprime aussi bien par la réglementation que par l’évolution de la consommation. Le problème, c’est qu’on attaque le tabac de façon frontale sans vraiment s’attaquer aux causes profondes du phénomène, en se concentrant sur des objectifs symboliques sans envisager les remèdes adaptés. Par exemple, le marché parallèle du tabac, favorisé par la différence de prix, devient de plus en plus important et complique la situation des buralistes.

La réalité, c’est que tout le monde sait que le tabac est mauvais pour la santé, mais on n’a pas réglé le problème de sa distribution. On déplace simplement le lieu de vente en dehors des bureaux de tabac, ce qui banalise ce produit et le rend encore plus difficile à contrôler. C’est un secteur qui devient de plus en plus invisible dans les points de vente légaux, et cela ne fait que renforcer le marché parallèle, sans réellement traiter la question sous-jacente du tabagisme.

La centralisation urbaine et l’évolution des zones commerciales aggravent cette situation, rendant la présence de bureaux de tabac plus difficile dans certaines zones, malgré l’importance de la distribution dans ces établissements.

A vous écouter, nous sommes à la croisée des grands chemins ?

Oui, depuis deux ou trois ans, les pertes de volume de tabac sont si importantes que le prix du tabac a atteint des niveaux critiques. La fiscalité impose un prix qui est arrivé au bout de sa trajectoire. Certains idéologues préconisent des hausses de prix avec des paquets à 17 ou même 25 euros, mais cette approche ne résout pas vraiment le problème. L’Île-de-France, en particulier, est au cœur de cette situation, car c’est un carrefour européen avec des axes routiers importants, mais la centralisation persiste. On attaque le tabac sous un angle dogmatique sans vraiment aborder les vrais remèdes.

En France, les plans de santé et les trajectoires fiscales sont souvent trop axés sur des interdictions ou des augmentations de prix, sans prendre en compte des solutions alternatives comme la vape. Au lieu de se concentrer sur l’éducation et des solutions comme la vape, qui a déjà montré son efficacité ailleurs, notamment en Angleterre, on continue de suivre des schémas erronés. On se retrouve à interdire des produits comme la PUFF jetable, sans avoir mis en place des solutions de remplacement efficaces. La vape, bien qu’étant un excellent remède, n’est pas suffisamment mise en avant. Il y a une obstination à agir uniquement par interdictions, sans réellement attaquer le problème à la racine.

 

 

« Chaque bureau de tabac devra s’adapter et se réinventer pour rester pertinent dans un environnement urbain en constante évolution. »

Quels sont les principaux défis que les buralistes franciliens devront relever dans les cinq prochaines années ?

Les buralistes franciliens doivent impérativement se concentrer sur la réadaptation de leur modèle dans le cadre urbain. Le principal défi réside dans le fait que la profession est de plus en plus perçue non pas comme un acteur contre les marchés parallèles, mais comme une cible. Si cette dynamique continue, les bureaux de tabac risquent de disparaître dans certaines zones et la désertification des offres pourrait se produire si la profession ne parvient pas à maintenir sa présence dans les flux commerciaux.

Et selon vous, quelles seraient les solutions concrètes pour redynamiser l’image ?

Un des grands enjeux est de créer un « Plan Marshall » (Programme de reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale) pour réinventer les bureaux de tabac dans les zones urbaines. Avec l’essor des zones de flux comme les gares, où des centres commerciaux se développent, les buralistes se voient évincés des centres commerciaux depuis plus de dix ans, et ce phénomène est préoccupant pour leur avenir économique. Il est essentiel que la profession repense sa place dans ces zones de forte fréquentation pour pouvoir maintenir son rôle dans l’économie locale et éviter l’infiltration de vendeurs illégaux de tabac dans ces espaces.

Un autre défi est la transformation des établissements eux-mêmes. Chaque bureau de tabac devra s’adapter et se réinventer pour rester pertinent dans un environnement urbain en constante évolution. Si ces transformations sont réussies, les buralistes peuvent redevenir un véritable commerce de proximité urbain, au service de la population, et ne pas se limiter à un rôle rural. Il est crucial de maintenir et de renforcer le maillage du réseau de buralistes pour garantir leur place dans les flux commerciaux et les zones de consommation.

Et pour finir, si vous deviez imaginer le bureau de tabac du futur, il ressemblerait à quoi ?

Le bureau de tabac du futur serait un lieu où les « remèdes » prennent une place centrale, avec moins d’interdits. L’idée serait de se concentrer sur les solutions qui accompagnent la réduction des risques, comme la vape, au lieu de constamment se focaliser sur les interdictions. Il s’agirait également d’une profession bien encadrée, déjà régulée, mais avec une révision des normes pour favoriser une évolution positive du secteur.

Il faudrait aussi repenser la manière dont le tabac, la nicotine et la vape sont régulés, en s’inspirant de modèles comme ceux de la restauration et de l’alcool. Cela pourrait se traduire par des licences spécifiques pour la consommation de tabac ou de produits à base de nicotine, offrant ainsi une forme de régulation plus adaptée à ces secteurs. L’objectif serait d’éviter d’exclure certains acteurs de ce marché, notamment ceux qui, comme les buralistes, sont engagés et ont fait leurs preuves dans la gestion de ces produits. Au final, il ne s’agit pas simplement de maintenir les buralistes en activité, mais de reconnaître leur rôle important et leur potentiel dans la transition vers des alternatives moins nocives comme la vape.

La vape : alternative crédible au tabac

D’après les résultats de l’Eurobaromètre, seulement 3 % des utilisateurs actuels de cigarettes électroniques dans l’Union européenne n’ont jamais fumé de tabac. Ces données sont corroborées par une étude publiée en 2023 dans le Journal of Epidemiology, menée sur plus de 12 000 participants répartis dans 12 pays européens. Cette étude montre qu’à peine 0,4 % des non-fumeurs ont essayé la cigarette électronique, ce qui tend à réfuter l’idée largement répandue d’une « porte d’entrée » vers le tabagisme.

Les recherches récentes vont plus loin en soulignant l’efficacité des cigarettes électroniques contenant de la nicotine pour accompagner le sevrage tabagique. Une revue Cochrane, considérée comme une référence scientifique en matière d’évaluation des preuves, indique que ces dispositifs sont plus efficaces que les substituts nicotiniques classiques. Selon les résultats, sur 100 personnes utilisant la vape pour arrêter de fumer, 8 à 10 parviennent à cesser le tabac, contre 6 sur 100 avec des substituts traditionnels. Le Dr Nicola Lindson, de l’Université d’Oxford, rappelle cependant que la cigarette électronique n’est pas dénuée de risques, mais qu’elle expose les utilisateurs à une fraction des substances toxiques présentes dans la fumée de tabac.

 

 

Le Dr Nicola Lindson , maître de conférences à l’Université d’Oxford et rédactrice en chef du Cochrane Tobacco Addiction Group , a déclaré : « Les cigarettes électroniques ne brûlent pas de tabac et n’exposent donc pas les utilisateurs au même mélange complexe de substances chimiques qui provoque des maladies chez les fumeurs de cigarettes classiques. Les cigarettes électroniques ne sont pas sans risque et ne devraient pas être utilisées par les personnes qui ne fument pas ou qui ne présentent aucun risque de fumer. Cependant, les données montrent que les cigarettes électroniques à la nicotine ne présentent qu’une faible fraction des risques liés au tabagisme. »

Malgré ces éléments, la perception des cigarettes électroniques dans le grand public reste ambivalente. Une enquête menée dans six pays européens révèle que 62 % des fumeurs perçoivent la vape comme étant aussi voire plus nocive que le tabac, et seulement 28 % estiment qu’elle est moins nocive. Cette perception contraste avec les conclusions de Public Health England, qui considère que les cigarettes électroniques sont au moins 95 % moins nocives que le tabac combustible.

 

 

Pour Dustin Dahlmann, président de l’IEVA, il est crucial de mieux informer le public sur la réalité des risques et des bénéfices potentiels de la cigarette électronique. « Les décideurs politiques doivent reconnaître le potentiel de réduction des risques et garantir une information claire et objective afin que les fumeurs puissent faire des choix éclairés », plaide-t-il.

Alors que les débats autour de la cigarette électronique se poursuivent en Europe, ces études rappellent l’importance d’adopter une approche équilibrée, fondée sur les preuves scientifiques. La vape n’est pas sans risque, mais elle pourrait constituer une alternative efficace et significativement moins nocive au tabac combustible, dans une stratégie globale de réduction des risques.

Vape et CNCT : alerte et confusion

La 6-méthyl-nicotine dans le viseur du CNCT

Le Comité national contre le tabagisme (CNCT) a récemment annoncé le dépôt d’une plainte contre l’entreprise britannique Aroma King, accusée d’avoir introduit sur le marché français des produits contenant de la 6-méthyl-nicotine (6-MN). Cette molécule synthétique, également désignée sous le nom de « métatine », est soupçonnée d’avoir un potentiel addictif supérieur à celui de la nicotine traditionnelle. Le CNCT met en avant les risques associés à cette substance, encore peu étudiée sur le long terme, et appelle à une interdiction de sa commercialisation.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions de l’organisation pour prévenir les méfaits du tabac et de ses dérivés. Selon le CNCT, les produits contenant de la 6-MN sont souvent commercialisés sous des appellations ambigües, comme « NoNic », laissant croire à l’absence de nicotine. Un positionnement jugé particulièrement problématique car ces produits, souvent aromatisés et visuellement attractifs, cibleraient notamment un public jeune.

Pour le CNCT, l’enjeu est clair : il s’agit de protéger la santé publique en limitant la propagation de nouvelles substances addictives et en encadrant strictement leur mise sur le marché. L’organisation appelle ainsi à un renforcement des contrôles et à des réglementations plus strictes sur les produits dérivés de la nicotine.

 

 

Un signal d’alarme… mais un amalgame qui interroge

Toutefois, ce communiqué a suscité des interrogations au sein des acteurs du secteur et de certains observateurs. En mettant l’accent sur la 6-MN, une molécule marginale introduite par un acteur isolé, le CNCT a semblé créer un amalgame avec l’ensemble du marché de la vape. Cet amalgame a été repris par une partie de la presse généraliste, peu familiarisée avec les spécificités du secteur et les subtilités des produits de sevrage tabagique.

Or, il est essentiel de rappeler que le vapotage, selon de nombreuses études – dont celles menées par les autorités britanniques –, est reconnu comme une alternative moins nocive que le tabac combustible et un outil de réduction des risques. En associant des dérives marginales à l’ensemble du secteur de la vape, le CNCT risque de brouiller le message public et de détourner les fumeurs potentiels d’une solution pourtant efficace pour réduire ou arrêter leur consommation de tabac.

Un débat nécessaire

Cette prise de position du CNCT soulève ainsi plusieurs questions : comment distinguer les dérives ponctuelles de l’évolution générale du marché ? Quelles garanties peuvent être mises en place pour encadrer les produits de la vape tout en reconnaissant leur potentiel dans la lutte contre le tabagisme ? Enfin, ne faudrait-il pas adopter une approche plus nuancée, qui valoriserait la vape comme un outil de santé publique à part entière, tout en veillant à éviter ses dérives ?

 

 

La rédaction a voulu poser ses questions au CNTC qui n’a pas souhaité y répondre.

La complexité du débat autour de la 6-méthyl-nicotine et de la vape en général montre qu’une information claire, factuelle et équilibrée est plus que jamais nécessaire. Entre la nécessité de protéger la santé publique et celle de ne pas freiner les avancées en matière de réduction des risques, le débat reste ouvert. Et la politique devrait sérieusement s’y intéresser…

Innokin dévoile son kit Coolfire Z80 NEX

Découvrez le kit Coolfire Z80 NEX d’Innokin : un modèle polyvalent associant la box Coolfire et le clearomiseur Zenith NEX. Conçu pour une vape adaptable, il permet de passer du MTL au DL avec simplicité. Fonctionne avec un accu 18650 et offre un design ergonomique, robuste et pratique.

Le kit Coolfire Z80 NEX réunit deux références bien connues d’Innokin : la box Coolfire et le clearomiseur Zenith, dans une version revisitée baptisée NEX.

Une box à l’ergonomie soignée

La box Coolfire Z80 NEX se distingue par une conception pensée pour une prise en main confortable. Réalisée avec un châssis en alliage de zinc léger et robuste, elle conserve le design arrondi caractéristique de la gamme Coolfire, complété par un revêtement souple sur la poignée.

Ce modèle fonctionne avec un accu 18650 (non fourni) et offre une puissance ajustable de 6 à 80 watts. Simplicité et accessibilité sont les maîtres mots de cette box, destinée aussi bien aux débutants qu’aux utilisateurs expérimentés. Un bouton de verrouillage placé sous l’écran vient compléter les fonctionnalités de sécurité.

 

 

Un clearomiseur repensé pour plus de praticité

Le clearomiseur Zenith NEX, intégré dans ce kit, affiche une capacité de 5 ml et un diamètre de 26 mm. Fidèle à l’esthétique de la gamme Zenith, il se pare de gravures fines et d’un large réservoir en pyrex.

La nouveauté réside dans son système de remplissage et d’aération par le sommet, qui facilite l’utilisation et contribue à limiter les risques de fuites. Ce clearomiseur est compatible avec les résistances Z Coils Zenith et livré avec deux d’entre elles : une résistance Z Coil 0.8 Ω pour l’inhalation indirecte, et une résistance Z Coil 0.3 Ω pour l’inhalation directe, jusqu’à 40 watts.

 

 

Polyvalence et adaptabilité

Le kit Coolfire Z80 NEX se veut accessible et adaptable, permettant de passer d’un tirage serré à une vape plus aérienne en toute simplicité. Grâce à son design polyvalent, il s’adresse à un large public d’utilisateurs, sans complexité technique.

Avec ce modèle, Innokin poursuit son engagement à proposer des solutions variées, tout en conservant les fondamentaux qui ont fait le succès de la gamme Coolfire.

On fume moins et on vapote plus !

En 2023, un échantillon représentatif de 14 984 adultes âgés de 18 à 75 ans vivant en France hexagonale a été interrogé dans le cadre de l’Enquête sur les représentations, opinions et perceptions sur les psychotropes (EROPP) conduite par l’OFDT depuis 1999.

Le tabagisme et le vapotage en 2023 et leurs évolutions en fonction des facteurs socioéconomiques

Entre 2021 et 2023, le tabagisme quotidien est en baisse : 23,1% de fumeurs quotidiens en 2023 contre 25,3 % en 2021. C’est la proportion de fumeurs quotidiens la plus basse depuis la fin des années 1990. Cette baisse du tabagisme quotidien est particulièrement marquée chez les chômeurs : par rapport à 2021, la proportion de fumeurs quotidiens parmi les personnes au chômage a baissé de 10 points (45,8 % vers 35,7 %). Par ailleurs, les personnes sans diplôme ou ayant un diplôme inférieur au baccalauréat présentent un niveau d’usage quotidien du tabac nettement plus élevé (28,9%) que celles déclarant un diplôme supérieur au baccalauréat (16,6 %). Les hommes restent plus souvent fumeurs quotidiens que les femmes (25,4 % vs 20,9%).

Concernant le vapotage, la proportion d’adultes déclarant avoir déjà vapoté au cours de leur vie a presque doublé en neuf ans, passant de 25,7 % en 2014 à 41,8 %. En 2023, le vapotage actuel concerne 8,3 % des 18-75 ans, et il s’agit le plus souvent d’un usage quotidien (6,1 % des 18-75 ans) qui touche toutes les catégories de la population française adulte. Les hommes sont plus souvent vapoteurs quotidiens (6,8 % vs 5,4 % chez les femmes).

 

 

Les inégalités territoriales du tabagisme et du vapotage

Quatre régions se distinguent concernant le pourcentage de fumeurs quotidiens : l’Île-de-France et la Bretagne, où le tabagisme quotidien est le plus faible de France hexagonale (respectivement 19,6 % et 19,5 %), et les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) et Bourgogne-Franche-Comté, qui, à l’inverse, affichent les taux les plus élevés (respectivement 26,5 % et 26,8 %). En 2021, l’Île-De-France et PACA se distinguaient déjà par des niveaux de tabagisme quotidien plus faible (pour l’Île-de-France) et plus élevé (pour PACA) que les autres régions de l’hexagone.

En 2023, le vapotage quotidien est plus courant dans deux régions de France hexagonale : la Bretagne et la Normandie (respectivement 8,5 % et 8,1 %). Cette spécificité de la Bretagne avait déjà été observée en 2021.

S’il existe des spécificités régionales, les facteurs possiblement explicatifs sont multiples. Ces derniers peuvent être d’ordre culturel (représentation des usages), socio-économiques (conditions de vie, modalités d’approvisionnement) ou encore liés aux politiques de lutte et de prévention du tabagisme mises en œuvre au niveau local.

 

Deux questions se posent alors :

Moins de fumeurs, plus de vapoteurs : y’a-t-il une corrélation ?

Et si c’était enfin une bonne nouvelle ?

 

Néocannabinoïdes : la filière CBD dit stop.

Néocannabinoïdes : la filière CBD dit stop :

Face à la multiplication des produits à base de néocannabinoïdes synthétiques* ou semi-synthétiques sur le marché, l’Association Française des Producteurs de Cannabinoïdes (AFPC) et le Syndicat Professionnel du Chanvre (SPC) tirent la sonnette d’alarme. Ces deux acteurs majeurs de la filière chanvre bien-être appellent à une clarification stricte et à une réglementation protégeant les produits naturels issus du Cannabis sativa L..

« Nous nous opposons fermement à ce que les termes « CBD », « chanvre » ou « cannabis » soient associés à ces nouvelles molécules chimiques qui diffèrent profondément des principes actifs naturels du chanvre », insiste un porte-parole commun des deux organisations. Selon eux, ces substances, souvent conçues en laboratoire sans contrôle ni traçabilité, représentent un risque sanitaire réel et menacent la crédibilité d’une filière déjà fragilisée.

Les néocannabinoïdes synthétiques, ou semi-synthétiques, sont des composés créés artificiellement pour imiter ou modifier les effets des cannabinoïdes naturels. Pourtant, l’AFPC et le SPC dénoncent un manque de transparence et une absence de garanties quant à leur qualité ou leur innocuité : « La majorité de ces produits provient d’initiatives chimiques sans encadrement, ce qui pose un problème éthique et sanitaire majeur », soulignent-ils.

En conséquence, ces deux organisations appellent à l’adoption d’une loi stricte interdisant toute modification, contamination ou ajout de composés artificiels aux fleurs, résines et extraits de Cannabis sativa L.. Cette mesure vise à garantir la pureté et l’authenticité des produits, à l’image des exigences déjà appliquées dans d’autres secteurs agricoles.

« Il s’agit de protéger la filière chanvre bien-être contre les confusions qui peuvent tromper le consommateur et détériorer l’image d’un marché en plein développement », expliquent les représentants. Ils insistent aussi sur la nécessité que les « CBD shops » restent fidèles à leur promesse : celle d’un chanvre naturel, traçable et respectueux des utilisateurs.

L’AFPC et le SPC entendent ainsi poursuivre leur engagement en faveur d’une filière éthique, durable et transparente. Ils lancent un appel à l’union à toutes les organisations professionnelles, syndicats, associations de producteurs, distributeurs et consommateurs partageant ces valeurs, pour signer ce manifeste commun et afficher leur soutien.

« Ensemble, affirmons notre volonté commune d’un chanvre authentique, rigoureusement contrôlé et pleinement respectueux des consommateurs », concluent-ils.

À propos des auteurs :
L’Association Française des Producteurs de Cannabinoïdes (AFPC) regroupe les acteurs spécialisés dans la production des cannabinoïdes naturels, favorisant une industrie responsable et réglementée. Le Syndicat Professionnel du Chanvre (SPC) fédère quant à lui les professionnels du chanvre, engagés dans la valorisation d’un secteur agricole durable et transparent.

*Les cannabinoïdes de synthèse sont des molécules produites en laboratoire qui miment les effets du THC sur les récepteurs cérébraux avec des résultats très variables. Elles sont ajoutées à des mélanges d’ herbes à fumer où à des liquides pour cigarettes électroniques.

Les Plantes de Tomine : le BIO avec du goût

Camille, peux-tu nous raconter brièvement l’histoire de votre ferme et votre passage à la culture du chanvre ?

La ferme appartenait aux grands-parents de Thomas, qui pratiquaient une agriculture diversifiée avec des vaches, des moutons et des poules. Ses parents ont ensuite repris l’exploitation, en se concentrant sur l’élevage bovin, une activité typique des années 80. Mais en arrivant à l’âge de la retraite, la question s’est posée : que faire de cette exploitation ?

De notre côté, ni Thomas ni moi n’étions agriculteurs à l’origine. Avant ce projet, nous étions dans des domaines complètement différents : Thomas travaillait en biologie, avec un fort intérêt pour l’écologie, tandis que j’étais dans le tourisme. Nous avions cette volonté de nous engager dans un projet durable et écologique, tout en gardant une certaine autonomie dans nos choix. En 2020, nous avons eu une première expérience en travaillant pour un autre producteur, et c’est à ce moment-là que nous nous sommes dit : « Pourquoi ne pas le faire pour nous ? » Thomas était déjà passionné par cette plante.

Nous avions des terrains parfaitement adaptés à cette culture et les connaissances de base pour nous lancer. En 2021, le contexte devenait un peu plus favorable, alors nous avons décidé de sauter le pas. À l’origine, nous voulions diversifier nos activités en conservant l’élevage bovin tout en introduisant la culture du chanvre et des plantes aromatiques et médicinales. Aujourd’hui, après cinq ans d’installation, nous avons une vision plus claire de nos objectifs : le chanvre est devenu notre priorité, et nous nous dirigeons vers l’abandon progressif de l’élevage ainsi qu’une réduction de la production de plantes aromatiques.

 

Un peu de verdure dans ce monde de fou

 

D’où vient le nom « Les Plantes de Tomine » ?

Nous voulions un nom au pluriel pour refléter la diversité de nos cultures. Au départ, nous produisions non seulement du chanvre, mais aussi plusieurs autres plantes. « Tomine » est une contraction des prénoms Thomas, mon mari, et Jocelyne, sa mère, qui était associée avec nous au lancement du projet.

Qu’est-ce qui distingue Les Plantes de Tomine des autres acteurs du marché du CBD ?

Notre principale spécificité est que l’ensemble des produits que nous proposons contiennent du CBD issu exclusivement de notre propre production. Nous transformons nos récoltes sous différentes formes : fleurs, résines, infusions, huiles, cosmétiques et même des produits alimentaires comme des gommes. À chaque fois, notre engagement est d’offrir la meilleure qualité possible.

Ensuite, nous cultivons en bio, comme de nombreux producteurs, mais nous allons encore plus loin dans notre démarche écologique. Nous ne labourons pas nos sols et utilisons uniquement le fumier de nos vaches pour les enrichir. Nous avons aussi recours à la protection biologique intégrée (PBI), qui consiste à favoriser les auxiliaires naturels pour lutter contre les nuisibles. Par exemple, nous utilisons des coccinelles contre les pucerons et des petites mouches pour réguler la population de chenilles, qui peuvent causer d’importants dégâts.

 

Sucreries naturelles avec du CBD en plus

 

D’accord, c’est une agriculture très circulaire, bio.

Voilà, c’est ça, le plus possible intégré, avec le moins d’impact possible sur le milieu. Le but, c’est que si demain tout s’arrête, la nature n’ait pas souffert de notre passage. Parce que le chanvre, c’est une plante très gourmande.

En quatre à cinq mois, il passe d’une graine à une plante de plusieurs mètres. Il a besoin de bien se nourrir. Il est certes très écologique, mais il demande aussi beaucoup. Donc, nous, le but du jeu, c’est d’être le moins impactant possible pour notre environnement.

Et le dernier point, si je peux me permettre, c’est qu’on aime beaucoup parler de ce qu’on fait. On organise des visites à la ferme, on accueille du monde, et on essaie d’avoir une communication transparente, notamment sur Instagram, où on montre beaucoup les coulisses. On ne se cache pas. Certains entretiennent un peu de flou, mais nous, c’est tout l’inverse.

On a même l’habitude de proposer à nos clients pros de venir voir la ferme, de découvrir où pousse leur futur produit, comment il est travaillé, et de comprendre toute son histoire avant qu’il arrive chez eux.

Quels sont les défis quotidiens de la gestion d’une exploitation comme la vôtre ?

Alors, comme toute entreprise, bien sûr qu’il y a des difficultés. Ce n’est pas un long fleuve tranquille.

Le plus gros élément, et c’est propre aux producteurs en général, c’est que notre seul patron, c’est la météo. Et on a un patron un peu imprévisible. Tout ce qu’on fait dépend du climat. Bien sûr, il existe des techniques pour cultiver en indoor et s’affranchir des conditions extérieures, mais nous, on préfère travailler avec les éléments et en tirer le meilleur. Et ça, on ne le maîtrise pas.

L’année 2024, par exemple, a été très humide, ce qui a favorisé le développement de champignons pouvant faire pourrir les fleurs. Le risque, c’est d’avoir de grosses pertes de rendement, et c’est ce qui nous est arrivé. Il faut donc constamment s’adapter.

L’autre difficulté, plus spécifique à l’univers du CBD, c’est la filière et la revente. On dit souvent qu’il est plus facile de produire que de vendre, et c’est vrai. On peut se retrouver avec des productions difficiles à écouler, selon les années et les qualités. Ça a été notre cas, ça peut encore l’être, et c’est le cas de nombreux confrères aussi.

 

Une résine de qualité

 

J’aimerais te poser une question sur ton expérience du marché. Qu’est-ce que tu penses du marché du CBD en France ?

Alors, je trouve qu’il change très vite. Quatre, cinq ans, ce n’est pas grand-chose à l’échelle d’un secteur, mais dans le CBD, c’est déjà beaucoup. On a connu un vrai bouleversement. J’ai envie d’appeler la période 2019-2021 « les années folles » du CBD. Tout bougeait, tout se vendait. Il y avait une forte concurrence européenne, comme aujourd’hui, mais aussi une très grande demande des consommateurs.

Depuis, on assiste à un tassement du marché. Beaucoup d’acteurs ont disparu. Il y a eu une grosse phase de renouvellement des professionnels et une scission très nette. D’un côté, certains misent sur des produits à bas prix ou cherchent des effets marqués, parfois en explorant des zones un peu grises en termes de molécules. De l’autre, on observe un vrai bond en avant en matière de qualité française, avec une clientèle qui recherche davantage des produits premium.

Aujourd’hui, une poignée d’acteurs, producteurs et sélectionneurs, essaient vraiment de se démarquer avec des approches exigeantes. J’espère en faire partie, avec un travail sur la culture et la sélection qui donne naissance à de très beaux produits.

Quels types de produits proposez-vous aux professionnels ? Si vous deviez en retenir trois, les best-sellers de votre production ?

Le premier, notre variété phare depuis le début, c’est la fleur Strawberry. On la cultive chaque année, et elle évolue selon les saisons. On la propose en vrac et en conditionné, notamment pour les bureaux de tabac et certains magasins de cigarettes électroniques. C’est notre référence principale.

Le deuxième, qui sort un peu du cadre des produits pour fumeurs, mais qu’on affectionne particulièrement, ce sont nos gummies. Il y en a énormément sur le marché, mais souvent avec une composition très chimique. Nous, on a voulu faire les choses autrement. Ce sont en réalité de véritables pâtes de fruits, avec un vrai goût naturel. On utilise notamment de la mangue, qui contient du myrcène, un terpène également présent dans le chanvre. L’idée, c’est d’avoir une synergie entre les terpènes du fruit et ceux du chanvre pour renforcer les effets d’entourage, et maximiser l’effet apaisant, relaxant et même antidouleur.

Cela m’a l’air bien bon…

Oui, on en est très contents. Alors, ce n’est peut-être pas le produit le plus évident pour les bureaux de tabac, mais il a trouvé son public, et on y croit beaucoup.

Et un dernier pour la route ?

Oui, et justement, ça rejoint une autre évolution du marché. J’ai envie de citer une résine, parce qu’aujourd’hui, il y a de vrais talents qui émergent dans l’univers du CBD. On voit apparaître ce qu’on appelle des hashmakers, des artisans spécialisés qui transforment le travail du producteur en résine.

Nous, on collabore avec CBD Maker, basé à Perpignan. L’intérêt, c’est qu’on peut sublimer un produit qui est déjà très beau en fleur, mais qui prend une nouvelle dimension sous forme de résine. C’est un format qui parle aux consommateurs habitués à ce type de produit, et qui leur permet de retrouver des goûts et des effets proches de ce qu’ils recherchent habituellement.

J’ai appris que vous passiez très peu par des grossistes finalement. Pourquoi ce choix ?

Alors, très peu, effectivement. Disons que cette année, avec une météo compliquée, nous n’avons pas forcément la quantité nécessaire. C’est donc difficile de répondre aux exigences des grossistes, que ce soit en termes de volume ou de prix. Aujourd’hui, c’est plus un constat qu’une volonté : l’essentiel de nos clients professionnels sont des revendeurs en direct. Il n’y a pas d’intermédiaire entre nous et eux, et donc, pas de multiples interlocuteurs avant que le produit n’arrive au consommateur. Mais encore une fois, ce n’est pas forcément une stratégie définie. C’est avant tout une conséquence des réalités du marché et de notre production.

 

 

Pour revenir à ce que tu disais tout à l’heure, tu parles de transparence. Comment garantis-tu la qualité et la traçabilité des fleurs ?

Alors, déjà, en permettant aux professionnels de venir voir sur place. C’est la meilleure preuve : ils peuvent constater par eux-mêmes que les plantes sont bien là, voir nos séchoirs et tout le processus mis en place.

L’autre élément, qui peut sembler un inconvénient mais qui est en réalité une vraie garantie de traçabilité, c’est notre gestion des stocks. Si une variété est épuisée, elle est terminée jusqu’à la prochaine récolte. On ne va pas aller s’approvisionner ailleurs juste pour éviter une rupture. Ça signifie qu’il faut attendre la saison suivante, et ça prouve bien que ce qu’on vend vient exclusivement de notre production.

Enfin, on tient un cahier de culture détaillé, qu’on met à disposition de nos revendeurs professionnels. Ce document leur permet d’avoir toutes les informations : origine génétique, méthode de culture, analyses de laboratoire… Bref, c’est la carte d’identité complète de la plante, en plus du produit fini.

Un point aussi sur la réglementation : comment percevez-vous l’évolution du cadre légal du CBD en France ?

À titre personnel, on trouve que ça évolue assez lentement. Pendant longtemps, on suivait tout ça de très près, car il y avait sans cesse des changements. Je pense notamment à la période très agitée du 31 décembre 2021, où tout a été redistribué en un instant.

Aujourd’hui, la situation semble plus stable. On a trouvé des façons de travailler et, pour l’instant, ces possibilités ne nous ont pas été retirées. J’espère que ça continuera ainsi et que les choses iront vers un assouplissement plutôt qu’un durcissement. Mais clairement, l’époque où il y avait un bouleversement réglementaire tous les trois mois semble derrière nous.

Optimiser vos vape shops grâce aux outils CRM

Optimiser vos vape shops grâce aux outils CRM : Pourquoi un logiciel de gestion CRM (Customer Relationship Management) est indispensable pour les commerces de proximité ?

  1. Fidélisation de ton vapoteur
  • Un CRM permet de centraliser et analyser les habitudes de vape de tes clients : choix de e-liquides, préférences en matériel, fréquence d’achat.
  • Grâce à ces données, tu peux mettre en place des programmes de fidélité adaptés, des offres personnalisées et des promos ciblées, incitant tes clients à revenir pour recharger leurs pods ou tester de nouvelles saveurs.

 

Optimiser vos vape shops grâce aux outils CRM

 

  1. Amélioration de l’expérience client
  • En ayant une vision complète du profil vapoteur, tu peux offrir un accompagnement plus personnalisé : recommandation de juices en fonction des goûts, conseils sur les résistances ou les réglages de mods.
  • Un historique clair des achats et des demandes permet aussi de gérer rapidement les réclamations, par exemple sur une résistance qui s’use trop vite ou un matériel qui nécessite une prise en charge.

 

Solution SAGE
  1. Optimisation des ventes
  • Un CRM t’aide à identifier les best-sellers (e-liquides, pods, boxs, accessoires) et à anticiper les ruptures sur les produits phares.
  • Les outils de segmentation te permettent d’adapter tes campagnes marketing : promo sur les e-liquides pour les adeptes du DIY, mise en avant des nouveautés pour les amateurs de cloud chasing, ou encore offres sur les sels de nicotine pour les primo-vapoteurs.

 

Solution SAGE

 

  1. Gestion simplifiée des opérations
  • En centralisant les infos, le CRM évite les erreurs de gestion manuelle et assure un suivi fluide des commandes et stocks.
  • Si tu gères plusieurs shops, il garantit une mise à jour en temps réel des disponibilités et des programmes de fidélité, que ton client achète en boutique ou en ligne.


  1. Analyse des performances
  • Grâce aux indicateurs du CRM (fréquence des visites, panier moyen, taux de fidélité), tu peux ajuster tes actions : booster une gamme sous-performante, récompenser les clients réguliers avec des avantages exclusifs, ou relancer ceux qui n’ont pas commandé depuis un moment.

 

Solution HUBSPOT

 

  1. Réduction des coûts
  • Automatiser certaines tâches comme la facturation, la gestion des stocks ou l’envoi de rappels par SMS permet de gagner du temps et de réduire les coûts opérationnels.
  • Moins de paperasse, plus d’efficacité pour te concentrer sur le conseil et l’expérience en shop.
Solution BREVO

 

  1. Adaptation aux nouveaux comportements d’achat
  • Avec l’essor de la vente en ligne et du click-and-collect, un CRM aide ton shop à rester compétitif face aux grosses enseignes.
  • Il facilite une communication omnicanale : SMS pour informer d’une promo flash, newsletters sur les nouvelles saveurs, ou gestion fluide des commandes en ligne et en boutique.
Solution de caisse Bimedia

 

En résumé

Un CRM est un véritable allié pour les vape shops qui veulent optimiser leur gestion, fidéliser leurs clients et se démarquer dans un marché ultra-concurrentiel. En offrant une expérience fluide et personnalisée, tu assures la satisfaction de tes vapoteurs et pérennises ton activité.

Le Syndicat Professionnel du Chanvre contre attaque !

CBD et reprotoxicité : la filière s’oppose à l’avis de l’ANSES

Le Syndicat Professionnel du Chanvre (SPC) conteste vivement la proposition de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) de classer le cannabidiol (CBD) comme substance toxique pour la reproduction humaine. Le syndicat, soutenu par l’AFPC et l’UIVEC, estime que cette proposition repose sur des preuves scientifiques fragiles, néglige l’impact socio-économique et est disproportionnée au regard des données toxicologiques.

Pour contrer cet avis, le SPC finance des expertises scientifiques indépendantes et la rédaction d’un rapport destiné aux institutions européennes. L’organisation appelle à une mobilisation générale de la filière en vue de la consultation publique d’avril 2025, plaidant pour une régulation basée sur des preuves solides.

 

 

Interdiction du CBD en Italie : une opportunité pour la France ?

Le SPC critique la décision de l’Italie d’interdire le CBD, la jugeant contraire au droit européen et aux standards de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Si cette mesure affaiblit la filière italienne, elle pourrait paradoxalement ouvrir des perspectives pour la filière française. Le SPC appelle à un renforcement de la production française, misant sur la qualité, la traçabilité et l’innovation.

 

 

Néocannabinoïdes : une menace à écarter

Le Syndicat Professionnel du Chanvre dénonce fermement la prolifération des néo-cannabinoïdes de synthèse, les qualifiant de menace pour la santé publique et la crédibilité de la filière. Le SPC insiste sur la responsabilité des acteurs qui commercialisent ces substances, rappelant l’existence d’outils de contrôle et de traçabilité. L’organisation demande un cadre réglementaire strict pour interdire les néo-cannabinoïdes et protéger les consommateurs.

Appel à une vision cohérente et responsable

En conclusion, le SPC plaide pour une politique cohérente et responsable vis-à-vis de la filière du chanvre, soulignant son potentiel économique, environnemental et sanitaire. Le syndicat s’engage à poursuivre son action pour défendre une filière française du chanvre respectueuse et tournée vers l’avenir.

ELFBAR et LOST MARY renforcent leur lutte contre la contrefaçon

ELFBAR et LOST MARY lutte contre la contrefaçon

À ce jour, elles annoncent avoir mené plus de 120 procédures pénales à l’encontre de fabricants, distributeurs et réseaux de commercialisation de produits frauduleux. « La protection de nos consommateurs est au cœur de notre démarche », souligne un porte-parole d’ELFBAR. « Nous savons que les produits contrefaits peuvent présenter des risques sanitaires majeurs. Chaque dispositif illégal retiré du marché est une victoire pour la santé publique. »

En parallèle des actions judiciaires, ELFBAR et LOST MARY ont collaboré activement avec les autorités douanières et les plateformes de vente en ligne pour détecter et faire retirer les références non conformes. « Nous travaillons main dans la main avec les autorités locales, mais aussi à l’échelle internationale. Les réseaux de contrefaçon ne connaissent pas de frontières », explique un représentant de LOST MARY.

 

Des millions de dispositifs saisis

Grâce à ces efforts, plusieurs millions de dispositifs de vapotage contrefaits ont été saisis. Ces produits, souvent fabriqués dans des conditions ne respectant ni les normes de sécurité, ni les exigences sanitaires, peuvent présenter des risques accrus pour les consommateurs : batteries instables, taux de nicotine imprécis, ou encore usage de matériaux toxiques.

Conscients de ces dangers, ELFBAR et LOST MARY insistent sur l’importance pour les utilisateurs de vérifier l’authenticité des produits avant leur achat. Pour cela, les marques ont déployé des outils de traçabilité avancés, accessibles en ligne. « Nous encourageons les utilisateurs à scanner systématiquement les codes présents sur nos emballages pour s’assurer qu’ils achètent un produit authentique », rappelle un porte-parole d’ELFBAR.

 

 

Une stratégie globale de sécurisation

Au-delà des mesures répressives, les deux entreprises s’engagent dans une démarche plus large de sensibilisation. À travers leurs canaux officiels et des campagnes de communication, elles rappellent les risques liés aux produits contrefaits, tant sur le plan sanitaire que sur la qualité de l’expérience utilisateur.

« Un consommateur qui utilise un produit contrefait peut non seulement mettre sa santé en danger, mais aussi associer injustement une mauvaise expérience à nos marques », déclare LOST MARY. « Il est de notre responsabilité de défendre la qualité et l’intégrité de nos produits. »

Cet engagement s’inscrit dans un contexte de forte croissance du marché mondial de la vape, où les contrefaçons représentent un défi croissant. Selon plusieurs études récentes, la part de produits illégaux peut atteindre jusqu’à 20 % du marché dans certaines régions.

 

 

Maintenir la confiance des consommateurs

Pour ELFBAR et LOST MARY, ces actions visent à long terme à asseoir la confiance des consommateurs. « Notre objectif n’est pas uniquement de protéger nos marques, mais d’assurer que chaque utilisateur puisse vapoter en toute sécurité », précise ELFBAR. Les marques souhaitent également pousser les plateformes de commerce en ligne à prendre des mesures plus strictes contre les vendeurs non agréés.

Forts de ces premiers résultats, ELFBAR et LOST MARY annoncent vouloir poursuivre et intensifier leur campagne anti-contrefaçon en 2025. De nouvelles technologies d’authentification et un renforcement de la coopération avec les autorités internationales sont d’ores et déjà en préparation.

Arsène Valentin : la licence qui casse les chaînes

Arsène Valentin : la licence qui casse les chaînes

Pouvez-vous nous raconter comment et pourquoi Arsène Valentin a vu le jour ?
En fait, tout a commencé il y a environ cinq ans, avec la création d’un site internet. Mon idée était de proposer une plateforme agressive sur les prix, où l’on pouvait trouver à la fois des produits standards et des références plus originales : des mods, des articles artisanaux, des liquides provenant de pays lointains, etc. L’objectif était clair : être moins cher que le marché tout en offrant une vraie diversité. Le site a bien fonctionné dès le départ.
En parallèle, j’avais déjà une autre activité en tant que franchiseur pour Clopinette. À l’origine, Arsène Valentin devait simplement rester un site internet. Mais peu à peu, la notoriété a grandi. Des magasins indépendants ont commencé à me contacter, manifestant leur intérêt pour rejoindre l’enseigne. Au début, j’étais réticent, car je voulais me concentrer sur Clopinette. Mais face à la demande croissante, j’ai fini par franchir le pas. C’est ainsi que j’ai décidé d’ouvrir Arsène Valentin aux vape shops indépendants.

On parle de combien de magasins ?
Aujourd’hui, l’enseigne regroupe environ 60 magasins. J’en ouvre à peu près un par mois. Cela fait trois ou quatre ans que j’ai lancé la licence, et nous avons déjà atteint ce chiffre.

Mission : Quelle est la vision de votre enseigne sur le marché de la vape ?
J’ai ouvert mon premier magasin en 2011. Les débuts ont été les plus difficiles. Aujourd’hui, je suis confiant quant à l’avenir de la vape. Même si la réglementation pourrait évoluer, je ne pense pas que cela bouleversera profondément le marché. Je crois en un développement durable et à long terme de ce secteur.

 

 

Est-ce qu’il y a des valeurs qui définissent Arsène Valentin et qui attirent vos licenciés ?
Pour nos franchisés, deux mots reviennent souvent : passion et liberté. Ce que je veux, c’est rassembler tous les vape shops indépendants qui partagent cette passion pour la vape, tout en leur offrant un cadre structuré. Mais il est essentiel pour moi qu’ils conservent leur liberté.
Contrairement à d’autres franchises où il faut se plier à des normes strictes, comme acheter un pourcentage fixe de produits à la centrale ou respecter une tarification imposée, je tiens à laisser mes licenciés libres de gérer leur boutique. Bien sûr, il y a quelques contraintes, mais chacun reste maître chez lui.

Et concrètement, en quoi Arsène Valentin se distingue des autres licences dans le secteur de la vape ?

Concrètement, Arsène Valentin permet aux vape shops indépendants de passer sous une enseigne nationale. Cela signifie qu’ils bénéficient de toute la structure d’une enseigne nationale, tout en conservant leur liberté. Par exemple, nous demandons une redevance de seulement 1 %, ce qui est très inférieur à la moyenne des autres franchises, qui tourne autour de 6 %. Pour un magasin réalisant 20 000 € de chiffre d’affaires mensuel, cela représente une redevance de 200 € pour Arsène Valentin, contre 1 200 € chez d’autres enseignes. C’est une différence considérable.

Par ailleurs, le licencié peut acheter ses produits où il veut. Il n’est pas contraint de passer par moi. Il peut se fournir chez n’importe quel grossiste ou marque.

Un autre point important concerne le mobilier. Contrairement à la plupart des enseignes qui obligent à le renouveler tous les trois ans, nous demandons seulement de respecter l’esprit Arsène Valentin : un look apothicaire, steampunk, avec du bois, du métal et un style industriel. Mais nous n’imposons pas de changer régulièrement l’aménagement. C’est un critère déterminant pour beaucoup de licenciés.

Enfin, en ce qui concerne les prix d’achat, nous proposons des tarifs très compétitifs via notre centrale. Mon objectif en tant que licence est d’être le moins cher possible pour nos licenciés.

 

 

L’esprit steampunk*, c’est-à-dire ? Pour nos lecteurs qui ne sont pas familiers de la science-fiction.

En termes de design, le steampunk s’inspire du rétrofuturisme industriel. On retrouve des matériaux comme le bois, la pierre et le fer, avec des éléments décoratifs tels que des lampes vintage. L’ambiance est chaleureuse et industrielle, loin des concepts de pharmacie ou des couleurs vives comme le rouge ou le vert clair.

*Au sens large on pourrait qualifier le steampunk de mouvement culturel. Il combine l’esthétique et la technologie du XIXe siècle avec des éléments futuristes. On se réfère d’ailleurs parfois à lui en tant que science-fiction du passé ou sous le terme de rétro-futuriste. Ses œuvres littéraires et audiovisuelles affichent des codes stylistiques bien particuliers, mêlant engrenages, rouages et autres éléments mécaniques avec des matières brutes comme le cuivre, l’acier et le cuir. Tous les développements technologiques sont réalisés sur la base de l’énergie à vapeur « steam », donnant un caractère singulier à ces créations.

Source : Steampunk boutique

 

 

 

Le coût de l’investissement ?

Ce n’est pas comme une franchise traditionnelle. Dans 95 % des cas, il s’agit de vape shops existants souhaitant passer sous l’enseigne Arsène Valentin. Le coût est donc relativement faible : entre 2 000 et 5 000 € pour transformer un magasin (enseigne, peinture, mobilier).

Pour quelqu’un qui démarre un magasin de zéro, l’investissement total est compris entre 30 000 et 50 000 €. Ce qui coûte le plus cher, c’est le mobilier. Nous en proposons à nos licenciés, mais ils restent libres d’aller ailleurs. S’ils suivent nos recommandations, le coût moyen tourne autour de 6 000 € pour le mobilier. Une enseigne coûte entre 1 000 et 3 000 €. Le stock initial représente environ 15 000 €. Enfin, il faut prévoir quelques fournitures : un ordinateur, une corbeille à papier, etc.

 

 

Est-ce qu’il y a un droit d’entrée ?

Non, il n’y a pas de droit d’entrée. Cela reflète notre philosophie : minimiser les coûts et les contraintes financières pour nos licenciés.

Quel type de soutien offrez-vous à vos licenciés avant et après l’ouverture de leur boutique ?

Avant l’ouverture, la majorité de nos licenciés sont déjà autonomes. Ils gèrent leur boutique depuis cinq ou six ans, maîtrisent la vente, le conseil client, la connaissance produit et les inventaires. La formation initiale est donc très légère. Nous leur expliquons simplement quels produits nous proposons s’ils souhaitent les vendre. Cela va très vite.

Pour les rares cas (5 %) où un licencié débute de zéro, nous avons un magasin pilote qui assure une formation complète.

Par conséquent, la formation initiale n’est pas systématique ?

Exactement. Pour un commerçant expérimenté, qui connaît déjà son logiciel de caisse, les bases du métier et les produits, il n’y a pas lieu de lui imposer une formation approfondie.

 

 

Est-ce que l’offre Arsène Valentin inclut des exclusivités ou des collaborations avec des marques reconnues ?

Parfois, mais nous avons surtout trois grandes catégories de produits :

  1. Les produits standards des grandes marques, que nous proposons au meilleur prix possible.
  2. La gamme Arsène Valentin, une sélection de liquides conçue pour offrir des marges importantes à nos licenciés, avec des goûts complexes ou des mono-arômes. Les marges avoisinent 90 %.
  3. Les mods artisanaux, fabriqués en petites quantités (50 à 100 pièces) par des artisans du monde entier (Angleterre, Grèce, Allemagne, Pologne, Malaisie). Ce sont des pièces uniques, faites à la main, qui se renouvellent chaque mois.

Observez-vous une augmentation du chiffre d’affaires lorsque des boutiques rejoignent votre enseigne ?

En général, oui. Les clients qui connaissaient déjà Arsène Valentin via notre site internet se rendent en boutique lorsqu’un magasin ouvre près de chez eux. Cela booste le chiffre d’affaires et les marges, grâce à nos tarifs avantageux. Un réseau comme le nôtre apporte une force de négociation que les indépendants isolés n’ont pas.

 

 

Suivez-vous des indicateurs de performance pour évaluer la réussite des boutiques ?

Pas vraiment. Je reste en contact avec les licenciés, je les appelle presque tous les mois pour prendre de leurs nouvelles. Globalement, ils sont très satisfaits et certains envisagent même d’ouvrir un deuxième magasin.

Cela dit, les boutiques en centre-ville rencontrent plus de difficultés à cause de la baisse de fréquentation des centres-villes.

Quand un licencié vous propose l’ouverture d’un nouveau magasin, que lui répondez-vous ?

Je lui propose de l’aide. J’utilise deux logiciels spécifiques pour analyser l’implantation d’un futur point de vente dans une zone donnée. Cela inclut une étude de marché permettant d’identifier les zones de chalandise intéressantes. Par exemple, si un licencié me dit : « J’ai repéré un magasin, j’aimerais m’implanter là », je fais une analyse avec mes outils. Si l’emplacement ne semble pas prometteur, je lui recommande d’autres options plus pertinentes.

Des informations précieuses. Beaucoup payent cher pour des études de marché…

Effectivement. L’un des logiciels analyse le trafic routier. Il fournit des données sur le nombre de voitures passant quotidiennement devant un emplacement ou dans la zone concernée. Si vous êtes à un carrefour où circulent 30 000 véhicules par jour, ce n’est évidemment pas la même chose qu’un endroit avec six fois moins de passage.

Le deuxième outil se concentre sur les caractéristiques de la zone : il recense les commerces existants, étudie la concurrence, le nombre d’habitants, la proximité de centres commerciaux, et d’autres paramètres. À partir de ces données, il estime un chiffre d’affaires potentiel. Bien sûr, ce n’est pas une science exacte, mais les indicateurs sont suffisamment fiables pour orienter les choix. Ce type de soutien renforce la satisfaction des licenciés, qui apprécient faire partie d’un réseau offrant ce genre de solutions.

 

 

Quels sont vos objectifs de développement pour les prochaines années ?

Pour le moment, tout se passe bien. Arsène Valentin ouvre un magasin par mois, c’est un bon rythme de croisière. Je ne cherche pas à accélérer à tout prix, ce rythme est parfait pour un développement progressif et maîtrisé. Plus le réseau grandit, plus je peux négocier des prix avantageux pour mes licenciés. Tout le monde y gagne. Aujourd’hui, tout avance tranquillement, mais sûrement.

Et vous pensez à faire une croisière à l’international ?

Peut-être un jour. Mais pour l’instant, il y a encore beaucoup à faire en France. De nombreux magasins peuvent encore rejoindre notre réseau ou s’implanter. Une fois que le marché sera saturé ici, je réfléchirai à d’autres horizons. Mais ce n’est pas encore le moment, je me concentre exclusivement sur la France.

Y a-t-il des zones en France que vous ciblez particulièrement ?

Pas vraiment. J’ai des contacts réguliers avec des agents immobiliers qui me proposent des emplacements correspondant à mes critères. Il n’y a pas de région à conquérir en priorité, mais il y a encore un énorme potentiel dans le pays. Par exemple, à Rouen, je n’ai qu’un seul magasin Arsène Valentin. Il y a donc de la place pour s’étendre, même dans les grandes villes.

 

 

Selon vous, comment le marché de la vape va-t-il évoluer dans les prochaines années ?

C’est difficile à dire. Quand j’ai ouvert mon premier magasin en 2011, je n’aurais jamais pu prédire l’évolution du secteur. Ce que je sais, c’est que je crois en la vape. En France, le marché se développe bien, et j’y consacre toute mon énergie. Mais il reste des incertitudes, et il est compliqué de se projeter à long terme.

Quels profils recherchez-vous pour intégrer votre réseau ?

Je privilégie des candidats connaissant déjà la vape, souvent des commerçants déjà implantés qui souhaitent passer sous l’enseigne Arsène Valentin. En revanche, quelqu’un qui débute complètement dans le secteur, je préfère l’orienter vers Clopinette. Je recherche avant tout des personnes sérieuses, capables de respecter l’image de la marque, notamment en évitant des pratiques comme vendre les produits à des prix déraisonnables.

Un dernier conseil pour ceux qui envisagent de rejoindre votre enseigne ?

Je leur dirais de m’appeler pour en discuter, ou mieux encore, de contacter directement des licenciés existants. Ils obtiendront des réponses claires et honnêtes. Cela suffit généralement à les rassurer.

L’ANSES castre le CBD

Des données issues d’études animales

Les travaux de l’Anses, initiés au printemps 2023 à la demande de la Direction générale du travail, ont révélé que le CBD n’était pas enregistré auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) conformément au règlement REACH, malgré sa production significative et une utilisation en forte croissance. En l’absence d’évaluation réglementaire des risques sanitaires, l’Anses a analysé la littérature scientifique et les données issues des essais précliniques du médicament Epidyolex®, contenant du CBD, autorisé pour certaines formes rares d’épilepsie chez l’enfant.​

Les études menées sur des singes, rats et souris ont montré des effets néfastes du CBD sur la spermatogenèse et la fertilité, ainsi qu’une augmentation de la mortalité périnatale et des altérations du neurodéveloppement.​

Proposition de classification et consultation publique

Sur la base de ces données, l’Anses propose de classer le CBD dans la catégorie 1B du règlement européen CLP (Classification, étiquetage et emballage des substances et des mélanges), indiquant une toxicité présumée pour la reproduction humaine. Cette classification inclurait les mentions de danger H360FD (« Peut nuire à la fertilité. Peut nuire au fœtus. ») et H362 (« Peut être nocif pour les bébés nourris au lait maternel »).​

Le dossier associé à cette proposition a été mis en consultation publique sur le site de l’ECHA depuis le 17 mars 2025 et ce jusqu’au 16 mai 2025. Cette consultation permet aux parties prenantes de commenter la proposition, en apportant des arguments scientifiques complémentaires et des informations sur les propriétés de danger de la substance.​

À l’issue de cette consultation, le Comité d’évaluation des risques de l’ECHA analysera la proposition initiale, les commentaires reçus et les réponses de l’Anses, avant de rendre un avis sur la classification harmonisée du CBD.​

 

 

Impact sur le marché du CBD

Cette proposition de classification intervient dans un contexte de forte croissance du marché du CBD, utilisé dans divers produits tels que les cosmétiques, les denrées alimentaires et les liquides pour cigarettes électroniques. Bien que cette évaluation concerne uniquement les dangers du CBD, elle pourrait influencer les mesures de gestion des risques applicables aux produits contenant cette substance dans les différents secteurs d’usage, selon les réglementations spécifiques en vigueur.​

Pour plus d’informations, consultez le communiqué de l’Anses :
https://www.anses.fr/fr/content/propose-classer-cannabidiol-BD-presume-toxique-pour-la-reproduction-