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2013

Vape et cancer : Une étude alarmiste rétractée pour données douteuses

Une étude publiée en 2023 établissant un lien spectaculaire entre vapotage et maladies pulmonaires vient d’être rétractée par la revue Journal of Investigative Medicine. Données contestées, incohérences dans l’échantillon et précédents parmi les auteurs : retour sur une publication dont la fiabilité est aujourd’hui sérieusement remise en question.

Vape et cancer : Une étude alarmiste rétractée pour données douteuses

Le Journal of Investigative Medicine a rétracté début juin une étude de 2023 associant vapotage et maladies pulmonaires. En cause : des données dont l’exactitude a été contestée et le rôle flou de ses quatorze auteurs. Un épisode qui soulève des questions sur la qualité de certaines recherches consacrées au vapotage.

L’étude, publiée en 2023, affirmait que les personnes atteintes de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) avaient plus de onze fois plus de chances d’appartenir au groupe des vapoteurs qu’à celui des non-fumeurs. Un chiffre spectaculaire, largement relayé, mais dont les fondations viennent de s’effondrer : la revue médicale a publié une notice de rétractation, les auteurs n’ayant pas su répondre aux préoccupations concernant l’exactitude de leurs données.

Les incohérences étaient pourtant visibles. L’étude s’appuyait sur l’enquête américaine NHANES, qui interroge environ 5 000 personnes par an, soit quelque 20 000 participants sur la période étudiée. Or, les chercheurs en revendiquaient 178 300.

Autre invraisemblance :

l’âge médian des vapoteurs était de 25 ans, alors que la BPCO met généralement des décennies à se développer. Enfin, l’étude transversale ne pouvait pas déterminer si les personnes malades avaient commencé à vapoter avant ou après leur diagnostic, un biais classique qui n’aurait pas été suffisamment pris en compte.

Plus troublant encore :

parmi les signataires figurait Urvish Patel, dont une précédente étude établissant un lien entre vapotage et AVC avait déjà été rétractée en 2022, avec une erreur similaire concernant la taille de l’échantillon.

L’intéressé a également fondé une organisation proposant des publications rapides à des médecins étrangers en quête de résidence aux États-Unis. Des accusations ont par ailleurs circulé selon lesquelles certains coauteurs auraient payé pour figurer parmi les signataires, mais ces allégations doivent être considérées avec prudence en l’absence d’éléments permettant de les établir.

Combien de titres alarmistes reposent sur des travaux de cette qualité ?

La question mérite d’être posée.