Douze mois après le bannissement des vapes jetables, le bilan britannique interpelle : saisies record, désinformation galopante et retours au tabac. Un cas d’école pour la France, qui a suivi le même chemin.
L’interdiction des puffs est entrée en vigueur outre-Manche le 1er juin 2025. Un an plus tard, les chiffres compilés par le rapport 2026 de Vape Club, issu de demandes d’accès à l’information, révèlent que 1,26 million de produits illicites ont été saisis en un an plus confisqués en trois ans, pour une valeur de rue estimée à 39 millions de livres. Les estimations du secteur évoquent désormais un marché noir d’environ 300 millions de livres par an.
Certes, 90 % des vapoteurs quotidiens ont basculé vers des dispositifs réutilisables, mais 9 % admettent acheter des jetables illégales, et 27 % des adultes déclarent pouvoir s’en procurer facilement dans leur quartier. Plus inquiétant : une enquête menée auprès de 6 000 adultes révèle qu’un ancien utilisateur de puffs sur six est retourné au tabac ou fume davantage depuis l’interdiction.
La confusion s’installe aussi dans les esprits : la moitié des adultes britanniques considère désormais la vape comme aussi nocive que le tabac, voire pire à rebours du consensus scientifique. Pendant ce temps, les inspections des Trading Standards ont reculé de 5 % malgré une enveloppe gouvernementale de 10 millions de livres.
Et Londres ne compte pas s’arrêter là : une taxe de 2,20 livres par 10 ml d’e-liquide s’appliquera dès octobre, au risque d’alimenter encore les circuits parallèles. Une trajectoire que la France, entre interdiction des puffs et projets de taxation, semble décidée à reproduire.



