Enquête du CNCT sur la publicité : La filière de la vape sous le feu des critiques

Le Comité National Contre le Tabagisme (CNCT) vient de dévoiler les résultats de sa dernière enquête, pointant sévèrement du doigt les pratiques promotionnelles de l'industrie de la cigarette électronique. Accusée de flirter avec les limites de la législation et d'adopter des codes marketing séduisant les plus jeunes, la filière de la vape se retrouve une nouvelle fois dans le viseur des associations sanitaires. Décryptage d'un rapport à charge qui ravive les tensions.

Enquête du CNCT sur la publicité : La filière de la vape sous le feu des critiques

Le Comité National Contre le Tabagisme (CNCT) a publié début 2026 une enquête affirmant que plus d’un point de vente sur deux, soit 55 % des bureaux de tabac et 56 % des magasins spécialisés, enfreindrait la réglementation sur la publicité pour les produits du vapotage. Le résultat a fait les gros titres. Mais à y regarder de plus près, le tableau est nettement plus nuancé et l’instrumentalisation politique de ces chiffres mérite d’être questionnée.

Une règlementation incompréhensible

Car derrière la mise en scène d’une filière hors-la-loi se cache une réalité bien différente : une réglementation publicitaire d’une complexité redoutable, sur laquelle ni l’État ni les associations antitabac ne proposent de guide clair à destination des professionnels.

La loi interdit toute communication commerciale directe ou indirecte en faveur des produits du vapotage, notamment lorsqu’elle est susceptible de toucher un public jeune ou non-fumeur. La formulation, volontairement large, laisse une marge d’interprétation considérable : ce qui explique en grande partie les infractions constatées, souvent involontaires.

L’art de s’attaquer à la solution

Ce que l’enquête du CNCT omet soigneusement de mentionner, c’est que les boutiques de vape spécialisées constituent le maillon le plus vertueux de la chaîne de distribution. Elles ne vendent pas de tabac. Leurs équipes sont formées à l’accompagnement au sevrage tabagique. Elles s’adressent à des fumeurs adultes cherchant une alternative.

Les amalgamer aux buralistes qui, eux, commercialisent conjointement tabac et vape dans un même chiffre à charge relève davantage de la communication militante que de l’analyse rigoureuse.

Des mesures contre-productives

La FIVAPE a d’ailleurs rappelé que des associations comme le CNCT ne sont ni des sociétés savantes, ni des agences de santé, ni des acteurs de terrain auprès des fumeurs. Pourtant, leurs rapports alimentent directement les projets législatifs comme l’adoption du paquet neutre, l’interdiction des arômes ou encore l’interdiction de la vente en ligne qui menacent l’existence même de la filière indépendante.

Le projet de paquet neutre, soutenu par Contre-Feu et le CNCT, risque de produire l’effet inverse à celui recherché : en effaçant la différence visuelle et surtout réelle entre vaper et fumer, il réduit mécaniquement l’attrait du vapotage comme alternative au tabac.

La filière indépendante n’a pas besoin de leçons de conformité de la part d’organisations dont le positionnement est, par définition, prohibitionniste. Elle a besoin d’une réglementation lisible, appliquée avec discernement, et d’interlocuteurs institutionnels qui reconnaissent son rôle central dans la réduction du tabagisme en France.