Toulouse, la cité des awards – Les sujets ‘‘touchy’’

La ville rose n’est pas seulement la capitale européenne de l’industrie aéronautique et du cassoulet ! Depuis quelque temps, elle s’impose aussi comme l’un des bastions de la vape, grâce à la créativité de certains de ses habitants, unis par un indéfectible lien d’amitié.

Toulouse, la cité des awards – Les sujets ‘‘touchy’’

Quid des édulcorants ?

Le couple ne se fixe pas de limite quand il s’agit de sélectionner des saveurs pour ses recettes. Mais lorsqu’ils ont commercialisé leurs premières références, Martial et Sofia communiquaient sur l’absence d’additifs dans leurs juices, et notamment de sucralose. Un choix qui s’est avéré peu payant selon Martial : « Ça a été notre fer de lance quand on a commencé. On en avait discuté avec Yann, on n’était pas forcément d’accord là-dessus d’ailleurs. Et on en est revenus. Je vais mettre les pieds dans le plat : lors du Vapexpo à Lille, cet argument ‘‘sans additif, sans alcool, sans sucralose’’ n’avait réellement, strictement, aucun impact. Aujourd’hui, il y a une grosse clientèle qui veut du ‘‘sucré’’. Mais tout dépend de comment tu doses la chose. Donc aujourd’hui, on a un peu revu notre façon de travailler, en intégrant à nos recettes du néotame, ce qu’il y a de plus ‘‘safe’’. Et après, ça va dépendre du taux, tout simplement. »

Même son de cloche du côté de Big Papa. « Aujourd’hui, je fais attention parce qu’on me dit de faire attention, déclare Yann. On est sur un secteur encore assez frais, et les réglementations arrivent petit à petit, donc tu t’adaptes. C’est pour ça que je ne rajoute pas de sucralose à mes recettes. Maintenant, je n’ai jamais voulu surfer sur la mode ‘‘sucralose ou pas de sucralose’’ car j’ai estimé que c’était une chasse aux sorcières. Avant ça, c’était le diacétyle, puis l’acétyl propionyl… Et quelques mois après, on n’en parlait plus. Mon avis personnel, c’est qu’on n’a pas arrêté de fumer pour vivre sous une bulle stérile. Mais il faut faire attention avec les dosages, même avec des produits autorisés comme l’alcool (à boire, NDLR), dont il ne faut pas abuser. »

Et au-delà d’un potentiel impact sur la santé du consommateur, du point de vue gustatif, il s’agit aussi d’avoir la main précise et légère, sur les édulcorants. Car « si on en met trop, ajoute Rahim, ils apportent un côté écœurant et servent très souvent de cache-misère. Mais d’un autre côté, ajustés très précisément, ils apportent une réelle plus-value. Perso, je suis très fan de côte de bœuf. Il ne me viendrait jamais à l’idée d’en manger sans sel. Pourtant, si tu consommes deux cuillers à soupe de sel par jour, très rapidement, tu auras des soucis de santé réels. »

Et Arnaud de conclure : « On a quand même une certitude, puisqu’on fait faire des FDS par un laboratoire indépendant qui analyse chacun de nos produits, c’est la présence éventuelle de CMR. Auquel cas, on retravaille les recettes pour les supprimer. Donc on peut parler du sucralose, mais ça ne sert pas à grand-chose, parce que tout ce qui nous intéresse, en fait, c’est ce qui peut être potentiellement cancérigène. Et c’est ça qui nous satisfait : fournir un produit le plus ‘‘safe’’ possible. Nos FDS le prouvent, et sont disponibles sur simple demande. Après, qu’il y ait du sel, du poivre ou du sucre, c’est une histoire de goût. »

Les sujets ‘‘touchy’’

Outre les édulcorants, dans notre secteur, deux sujets peuvent facilement déclencher la polémique. Le premier ne date pas d’hier, il concerne les bureaux de tabac. Quand on fait partie de ‘‘la vape indépendante’’, il peut être très mal vu de chercher à rentrer chez les ‘‘bubus’’. Surtout quand on est une petite marque. C’est ce qui explique qu’aucun de nos interlocuteurs ne cherche à y faire entrer ses produits.

« Et pourtant, nuance Yann, je vais crever l’abcès, puisque j’ai le moyen de m’expliquer : je trouve que c’est dommage que l’on livre les bureaux de tabac à la vindicte. Si tant est que le buraliste en question soit équipé d’un corner vape, et d’une personne dédiée à la vente. Il n’y a pas de raison qu’un buraliste soit moins bon qu’un vendeur en shop spécialisé, dès lors qu’il s’intéresse vraiment à la cigarette électronique. Et, au contraire, il sera même au meilleur endroit pour choper le fumeur. »

LFE poursuit : « Il ne faut pas oublier qu’avant d’être vapoteurs, on était fumeurs. À ce moment-là, on allait dans notre bureau de tabac, on discutait avec le patron, qui était notre pote. Et puis, du jour au lendemain, c’est devenu un enc… On n’est pas d’accord du tout avec ça. Quand je bossais chez Lovap, j’étais entré en contact avec Didier Gonin, qui est buraliste et a développé un centre de formation dédié à la vape. Et on travaille avec lui parce qu’on sait que, derrière, il fédère tout le monde. Le but premier est que les gens arrêtent de fumer. Un point, c’est tout. Donc, les seuls tabacs dans lesquels on est présents, ce sont ceux qui sont sortis de la formation LGF, parce qu’on sait que les clients seront bien accompagnés. »

Enfin, Arnaud conclut sur ce thème en ajoutant que « des bureaux de tabac, il y en a des bons et des moins bons, comme dans tous les secteurs. Pour finir sur ce sujet, je préfère que ce soit chez un buraliste que chez Gifi, mais c’est juste mon opinion personnelle… »

Ce tacle, à peine déguisé, envers la puff est la transition idéale vers le second sujet ‘‘touchy’’ du moment. Les cigarettes jetables divisent le secteur depuis des mois. La bande de copains, elle, est plutôt raccord. Tous reconnaissent que c’est un très bon outil transitoire dans l’arrêt du tabac, dont la praticité a su séduire de nombreux fumeurs que la vape ‘‘non jetable’’ n’a pas réussi à convertir.

Mais à quel prix ? « La puff, c’est le chômage des juices makers, lance Sofia. Parce que si tout le monde utilise les puff, à quoi ils vont servir, nos flacons de liquide ? Comme tout le monde ici, on reçoit tous les jours trois à quatre mails nous proposant de commercialiser des puff. Mais, moi, ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’on ne sait pas d’où viennent les liquides. Alors, j’ai cru comprendre que maintenant, certains reçoivent le matériel en France, et qu’ils les remplissent avec une machine spécifique, ce que tout le monde ne peut pas faire. Mais avant ça ? On en a reçu des samples pour que l’on puisse tester… On n’avait pas de fiche d’analyse, de FDS, aucune traçabilité, rien. »

Le discours de Rahim rejoint celui des autres : « Je comprends l’attrait qu’il y a pour ce produit et son efficacité. Mais il y a quelques mois, j’ai fait un tour à Londres, la ville où j’ai grandi. Et j’ai été choqué de découvrir qu’il n’y avait plus du tout de boutiques de vape classiques. J’avais besoin d’un accu, je n’en ai trouvé nulle part. Plus de bouteille de 50 ml, plus rien. Par contre, il y avait des boutiques de puff. Partout. À la ‘‘Apple Store’’, où elles sont rangées par marques, par goûts, par couleurs… C’est vraiment ancré dans le style de vie. Les gens, ils sortent du métro, ils prennent une puff. Ils entrent dans un bar, ils prennent une puff… Il y a une facilité que je peux comprendre. Mais d’un autre côté, effectivement, c’est un désastre écologique, à un moment où, plus que jamais, on crie à l’alerte. »   (à suivre…)

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