PG/VG – Tout comprendre sur la base des e-liquides

Quand on parle de base en matière de vape, la plupart du temps on parle de PG/VG, ce fameux sigle symbolisant l’alliage de propylène glycol et de glycérine végétale composant la plus grande part de nos e-liquides favoris.

PG/VG – Tout comprendre sur la base des e-liquides

Une base universelle, mais stratégique

Dans l’univers de la cigarette électronique, les e-liquides sont bien plus que de simples consommables. Ils incarnent l’âme de la vape, la signature sensorielle d’une marque, et finalement le lien le plus direct avec le consommateur. Au cœur de leur formulation, deux composés dominent : le propylène glycol (PG) et la glycérine végétale (VG). Ce duo, omniprésent depuis les débuts de la vape, revêt à la fois des caractéristiques techniques, sensorielles, économiques et stratégiques. Comprendre leur rôle, leur origine, leur évolution et leurs alternatives est essentiel pour tout acteur du marché.

La base d’un e-liquide pour cigarette électronique est donc composée, du moins la plupart du temps – par deux ingrédients principaux : le propylène glycol (PG) et la glycérine végétale (VG). Ce duo proposé en différentes proportions forme le support neutre dans lequel sont dilués les arômes et, éventuellement, la nicotine, et c’est lui que l’on appelle généralement la « base ».

Le ratio du mélange PG/VG est déjà l’objet d’un choix en soi étant donné, comme nous le verrons par la suite, qu’il joue un rôle important en influençant directement la sensation en bouche, la densité de vapeur, le confort d’inhalation et évidemment le hit.

Le PG est fluide et incolore. Il est apprécié pour sa capacité à transporter les arômes et à produire un “hit” en gorge, proche de celui du tabac. Il est aussi moins visqueux, ce qui facilite son utilisation en proportion plus élevée dans les systèmes à faible puissance dotés de petits coils affichant une résistance élevée (généralement au-dessus d’un ohm).

La VG, pour sa part, est plus épaisse et légèrement sucrée. Elle génère une vapeur douce et beaucoup plus dense, idéale pour les amateurs de “cloud chasing” ou tout simplement de gros nuages. Elle adoucit le hit et demande souvent un dosage d’arômes plus élevé quand elle représente la part la plus importante de la base utilisée.

Les ratios varient donc selon les préférences et permettent de satisfaire tous les types de vapoteurs. Un PG/VG 70/30favorisera le goût et le hit, tandis qu’un 30/70 privilégiera la production de vapeur et la douceur. Le 50/50 reste l’indétrônable compromis le plus courant en offrant le meilleur des deux mondes et surtout en étant compatible avec la majorité des dispositifs.

À l’échelle mondiale, la capacité de production dépasse les 2,5 millions de tonnes par an.

Cependant nous ne serions pas exhaustifs si nous n’évoquions pas les alternatives émergentes, notamment pour les personnes sensibles au PG. C’est notamment le cas du Végétol, issu de la biofermentation de la glycérine végétale et de fait une solution 100 % végétale, non irritante et bien tolérée. Il offre une bonne restitution des arômes et un hit doux, tout en étant biodégradable. D’autres substituts comme le mono propylène glycol végétal (MPGV) ou le 1,3-propanediol sont également utilisés, souvent dans des gammes “naturelles” ou “sans PG”, mais sont beaucoup moins fréquents. Encore plus original, on retrouve dans certains e-liquides des bases composées d’Olivéine, un dérivé de l’huile d’olive. Encore relativement confidentielle, cette solution séduit par son profil naturel et sa douceur en bouche.

Ces alternatives répondent cependant à une demande toujours croissante de produits plus sains, plus écologiques et mieux adaptés aux profils sensibles. Elles participent à leur manière à redéfinir les standards de la vape, ou du moins à les compléter en conciliant performance sensorielle et responsabilité.

Propylène glycol : la star omniprésente, mais méconnue

Le propylène glycol, aussi appelé propane-1,2-diol, est un composé chimique de formule CH3–CHOH–CH2OH. Incolore, inodore et faiblement visqueux, il appartient à la famille des diols et se distingue par sa capacité à absorber l’eau, à dissoudre de nombreuses substances et à stabiliser les mélanges. Des propriétés qui en font un ingrédient très utilisé dans des domaines n’ayant rien à voir avec la vape, comme l’industrie alimentaire, pharmaceutique ou encore cosmétique.

Dans l’alimentation par exemple, il est connu sous le nom d’additif E1520 et est utilisé comme solvant pour arômes ou comme émulsifiant. En cosmétique, il agit comme humectant, empêchant les produits de sécher ou de moisir. En pharmacie, il sert de véhicule pour les principes actifs dans certains médicaments injectables ou topiques.

Le propylène glycol (PG) est principalement fabriqué par hydrolyse de l’oxyde de propylène, un dérivé pétrochimique. Ce procédé, mis au point dans les années 1930, reste encore aujourd’hui le plus utilisé. Il consiste à faire réagir l’oxyde de propylène avec de l’eau dans un réacteur sous pression (environ 2 MPa) à une température initiale de 125 °C. La réaction étant exothermique, la température monte jusqu’à 190 °C. Le mélange obtenu contient du mono-propylène glycol (MPG), du dipropylène glycol (DPG) et du tripropylène glycol (TPG), dans un ratio typique de 100:10:1. Ces composés sont ensuite séparés par distillation sous vide.

Une méthode de fabrication alternative plus récente repose sur l’hydrogénolyse du glycérol, sous-produit de la fabrication du biodiesel. Ce procédé biosourcé, plus respectueux de l’environnement, utilise des catalyseurs métalliques et de l’hydrogène pour convertir le glycérol en PG.

À l’échelle mondiale, la capacité de production dépasse les 2,5 millions de tonnes par an. Les principaux producteurs industriels incluent Dow Chemical (États-Unis), BASF (Allemagne), LyondellBasell (Pays-Bas/États-Unis), Ineos Oxide (Royaume-Uni) et SKC (Corée du Sud). La Chine est également un acteur majeur.

Bien que considéré comme relativement sûr par des organismes comme la FDA, le propylène glycol n’est pas exempt de controverses. Une exposition excessive — par ingestion, inhalation ou voie intraveineuse, peut entraîner des effets indésirables : irritation cutanée, troubles respiratoires ou réactions allergiques chez les personnes sensibles.

Glycérine végétale : l’ingrédient naturel au cœur de la vapeur

La glycérine végétale, ou glycérol, est un liquide incolore et inodore, nettement plus visqueux. Elle est appréciée pour ses propriétés hydratantes, lubrifiantes et solubilisantes. Tout comme le PG, en plus de la vape, la VG est omniprésente dans les cosmétiques, les produits pharmaceutiques et l’alimentation. Contrairement à la glycérine synthétique ou animale, la version végétale est issue d’huiles comme le colza, le soja, la noix de coco ou l’huile de palme.

Sa fabrication repose sur un processus appelé transestérification. Les huiles végétales sont mélangées à un alcool en présence d’un catalyseur, produisant des esters méthyliques (biodiesel) et de la glycérine brute, purifiée par distillation jusqu’à 99,7 % de pureté.

En Europe, des acteurs comme Saipol (France) et Oleon (Belgique) dominent le marché. La glycérine végétale incarne un exemple de chimie verte, valorisant les coproduits agricoles dans une logique circulaire.

La glycérine végétale incarne ainsi un exemple de chimie verte.

Le Végétol : une alternative végétale au propylène glycol

Le Végétol est un 1,3-propanediol, obtenu par biofermentation de la glycérine végétale, souvent à partir de maïs ou de tournesol. Il conserve une formule chimique identique (C3H8O2) tout en offrant des propriétés uniques.

Créé par le laboratoire français Xérès en 2014, le Végétol est une marque déposée, 100 % végétale, validée par des études toxicologiques et certifications (FDA, Nature Scientific Reports).

Il transporte mieux les arômes, dessèche moins les muqueuses et offre un hit doux. Certains e-liquides sont composés à 100 % de Végétol, d’autres le combinent à la glycérine végétale pour maximiser la vapeur.

Coûts de production : entre stabilité et volatilité

Le PG a vu son prix exploser entre 2020 et 2022, passant de 1 500 € à plus de 4 600 €/tonne, impactant la marge des fabricants. La VG a connu une hausse plus modérée, avec un marché mondial dépassant 770 M$ en 2025. Les hausses de prix ont forcé certains à reformuler leurs recettes pour intégrer plus de VG ou des alternatives.

Entre 2015 et 2025, le PG a été multiplié par 3 à 4, tandis que la VG a vu une croissance de 60 à 80 %. Les fabricantsdoivent intégrer cette volatilité dans leur stratégie d’achat et de formulation.

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