La cigarette classique en recul chez les adolescents
La cigarette classique est de moins en moins plébiscitée par les adolescents qui s’en détourne de plus en plus en faveur de la vape. Une nouvelle étude publiée dans le Journal of Korean Medical Science vient de dresser un constat inédit : dans 31 pays sur 57, les adolescents de 13 à 15 ans vapotent désormais davantage qu’ils ne fument.
Les chercheurs coréens ont analysé les données de 173 658 jeunes issues de la Global Youth Tobacco Survey (GYTS) de l’OMS, un corpus massif qui permet de comparer les comportements nicotiniques à l’échelle mondiale.
Des chiffres marquants selon les pays
Les chiffres sont parfois spectaculaires.
Au Paraguay, 12,5 % des adolescents vapotent contre seulement 2,96 % qui fument. En Ukraine, l’écart est tout aussi frappant : 18,41 % de vapoteurs pour 9,22 % de fumeurs. Dans ces pays, la transition vers des produits sans combustion est nette et semble durable.
À l’inverse, certains États restent dominés par le tabac : en Italie, 19,81 % des jeunes fument contre 17,53 % qui vapotent ; en Bulgarie, 20,41 % fument pour 10,77 % qui vapotent.
Une lecture divergente des résultats
Pour les défenseurs de la réduction des risques, ces données confirment une tendance déjà observée à plusieurs reprises : lorsque les jeunes consomment de la nicotine, ils se tournent de plus en plus vers des produits moins nocifs que la cigarette, ce qui constitue un basculement sanitaire majeur.
Mais les auteurs de l’étude adoptent une lecture beaucoup plus alarmiste, appelant à « des stratégies de réponse spécialisées » pour réduire l’usage de la vape chez les mineurs et insistant sur la nécessité de contrer les stratégies marketing des fabricants.
Des limites méthodologiques à garder en tête
Cette étude est dite écologique, ce qui signifie qu’elle compare des pays entre eux sans analyser les comportements individuels. Elle ne permet donc pas d’établir un lien de causalité entre la disponibilité des produits, les politiques publiques et le comportement des jeunes.
De plus, les données GYTS reposent sur des déclarations anonymes d’adolescents, ce qui peut introduire des biais d’autorapport. Enfin, l’étude ne distingue pas clairement les usages réguliers des expérimentations ponctuelles, un point crucial pour interpréter correctement les chiffres.
Position militante : protéger les jeunes, oui — mais ne pas nier la hiérarchie des risques
Soyons clairs : les adolescents ne devraient ni fumer ni vapoter. Aucun acteur sérieux du secteur ne dit le contraire.
Mais il faut regarder la réalité en face : si des jeunes consomment de la nicotine — et qu’on le veuille ou non ils l’ont toujours fait — il vaut certainement mieux qu’ils le fassent via un produit sans combustion, infiniment moins dangereux que la cigarette, c’est là tout le principe de la réduction des risques !
Cette étude montre cependant une chose essentielle : le tabac perd du terrain. Et même si la vape chez les mineurs reste un problème à encadrer, elle est objectivement bien moins nocive que le tabagisme, qui tue un consommateur sur deux.
Ignorer cette hiérarchie des risques, c’est faire de la politique, pas de la santé publique.



