Aucun effet passerelle chez les ados d’après une étude

Une étude française tord le cou à la théorie de l’effet passerelle. Portant sur le suivi de 39 000 adolescents de 17 ans, elle démontre que les vapoteurs ne sont pas davantage susceptibles de basculer vers la cigarette. Bien au contraire : le risque de devenir fumeur quotidien serait inférieur de 38 %.

Aucun effet passerelle chez les ados d’après une étude

Une étude réalisée par cinq chercheurs français s’intéresse à l’effet passerelle. Souvent brandie par les militants antivape pour souligner la prétendue dangerosité de la cigarette électronique, c’est cette théorie selon laquelle le vapotage constituerait une porte d’entrée vers le tabagisme quotidien, en particulier chez les jeunes. Pour en avoir le cœur net, les chercheurs de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) ont suivi 39 000 adolescents français de 17 ans.

Un moindre risque de devenir fumeur quotidien

Publiée dans la revue Drug and Alcohol Dependence, cette étude indique que 34,1 % des ados interrogés ont fumé au moins une cigarette le mois précédent. Parmi ceux-ci, 25,1 % d’entre eux ont fumé tous les jours. Dans le même groupe d’adolescents, 16,8 % ont vapoté au moins une fois dans le mois, dont 1,9 % de vapoteurs quotidiens. Dans leur note d’intention, les chercheurs expliquent leur démarche : « À l’aide d’une approche de traitement pondéré de probabilité inverse et de données de cohortes rétrospectives, nous avons analysé si un usage quelconque d’e-cigarette a eu un impact sur la transition vers le tabagisme quotidien chez les Français de 17 ans ayant déjà fumé, en utilisant une grande enquête nationale représentative. »

Les résultats montrent que non seulement il n’y a « aucune preuve d’un risque accru de transition vers le tabagisme quotidien » chez les vapoteurs, et, surtout, que ce risque serait significativement réduit. Sur les 39 000 adolescents interrogés, près de 23 000 ont déjà fumé au moins une cigarette dans leur vie. Et parmi ceux-ci, ceux qui ont vapoté au moins une fois sont à 38 % moins susceptibles de devenir des fumeurs quotidiens que ceux qui n’ont jamais essayé l’e-cigarette. En clair, le risque pour ces ados de devenir fumeur quotidien est inférieur de 38 %. Les chercheurs ont trouvé des résultats similaires chez les ados qui ont essayé le vapotage avant la toute première cigarette.

Un rempart contre le tabagisme chez les jeunes

L’étude montre par ailleurs que 7 000 ados fument quotidiennement et ont essayé le vapotage. Sur cet échantillon, 40,2 % des jeunes interrogés ont tenté l’e-cigarette après la transition vers le tabagisme quotidien, 27,2 % avant et 32,7 % la même année. Selon les chercheurs, une telle répartition montre que l’e-cigarette revêt auprès des jeunes un statut équitable entre une « tentative d’évitement de la cigarette classique » et un « pur outil de substitution », dans les mêmes proportions et usages que les fumeurs adultes.

S’il y a pourtant une spécificité de l’usage de l’e-cigarette à l’adolescence, c’est celle-ci : le vapotage constituerait un rempart, une « concurrence », par rapport au tabagisme classique, d’après les rapporteurs de l’étude. Un constat qu’ont également fait certains chercheurs anglais ou américains :  depuis l’avènement de l’e-cigarette, le passage au tabagisme quotidien chez les jeunes a franchement tendance à décroître.