Dans une recommandation formelle publiée le 14 juin, l’Organisation mondiale de la santé appelle tous les États à bannir les arômes de l’ensemble des produits nicotiniques : vape, tabac chauffé, sachets de nicotine et cigarettes incluses. Un signal politique fort à l’heure où Bruxelles prépare la révision de la directive tabac.
L’OMS franchit un cap. Il ne s’agit plus de cibler les puffs ou les e-liquides jugés attractifs pour les jeunes, mais d’éliminer les arômes de tout l’écosystème nicotinique. L’organisation justifie sa position par le rôle des saveurs fruitées, sucrées ou mentholées dans l’initiation des jeunes, ces arômes masquant l’âpreté de la nicotine. Elle cite en modèle les Pays-Bas, qui interdisent les arômes dans les e-liquides depuis 2023, et rappelle que la Belgique a acté une interdiction quasi totale à partir de 2028, tandis que douze États membres plaident en ce sens auprès de la Commission européenne.
Cette approche indifférenciée interroge pourtant sur le terrain de la réduction des risques. De nombreux experts, notamment britanniques et nordiques, rappellent que les arômes sont précisément l’un des leviers qui permettent aux fumeurs adultes d’abandonner durablement la cigarette combustible. Les supprimer reviendrait à fragiliser l’outil de sevrage le plus utilisé.
La recommandation n’a aucune valeur contraignante : elle doit être transposée par les États ou par l’Union européenne via la révision de la TPD. Mais le calendrier inquiète la filière : les gammes aromatisées représentent l’écrasante majorité des ventes mondiales d’e-liquides. Si Bruxelles suivait l’OMS, les rayons pourraient se réduire aux seules saveurs tabac un scénario existentiel pour les fabricants français et leurs milliers d’emplois.



