Le RESPADD reconnaît officiellement la vape comme outil de sevrage

C'est un tournant décisif pour la politique de réduction des risques en France. Le RESPADD (Réseau des établissements de santé pour la prévention des addictions) vient de prendre une position forte en intégrant officiellement la cigarette électronique à son arsenal thérapeutique. Cette reconnaissance institutionnelle marque une étape majeure, offrant enfin un appui clair aux professionnels de santé et de nouvelles perspectives dans l'accompagnement des fumeurs vers l'arrêt définitif du tabac.

Le RESPADD reconnaît officiellement la vape comme outil de sevrage

Publié en mars 2026 par le RESPADD, opérateur de la stratégie antitabac de l’État, ce document reconnaît clairement la vape comme un outil efficace de sevrage. Une lecture à mettre entre les mains de ceux qui doutent encore.

Un acteur institutionnel sort du brouillard

Le RESPADD n’est pas un acteur militant. Créé en 1996 par l’APHP et la Mutuelle Nationale Hospitalière, il est mandaté par l’État pour piloter la stratégie « Lieu de santé sans tabac », intégrée au Programme national de lutte contre le tabac 2023-2027 et financée par le Fonds de lutte contre les addictions. Il participe donc directement à la mise en œuvre des politiques publiques.

Ce statut donne du poids au document qu’il vient de publier. Intitulé « VAPE : L’ESSENTIEL SUR LA VAPE – Informations clés pour mieux comprendre le vapotage », ce dépliant de huit pages pour les professionnels de santé s’appuie sur l’Anses, Cochrane et l’OFDT. Le ton est factuel et les sources sont solides.

Le constat est clair : selon une étude menée pour la Société francophone de tabacologie auprès de 87 experts, la vape aide à arrêter de fumer, présente un rapport bénéfice-risque favorable dans le sevrage et réduit probablement les risques lorsque le tabac est arrêté complètement.

Des chiffres qui parlent pour eux-mêmes

Le document avance aussi des chiffres utiles aux professionnels du secteur. Principal résultat : la vape augmente de 59 % les chances d’arrêt du tabac à 6 mois par rapport aux substituts nicotiniques, avec 10 % de succès contre 6 % pour patchs et gommes. Ce chiffre vient de la méta-analyse Cochrane 2025.

Le RESPADD aborde aussi les arômes, au cœur des débats réglementaires. Sa position est nette : ils rendent le vapotage plus agréable et peuvent aider au sevrage. Des données américaines associent leur restriction à une baisse du vapotage, mais aussi à une hausse du tabagisme.

Sur le plan sanitaire, l’Anses indique que le vapotage est moins nocif que la fumée de tabac pour les effets cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes étudiés, et qu’aucun cancer avéré chez l’humain n’a été constaté. Le document rappelle aussi que seuls 2,8 % des vapoteurs quotidiens n’ont jamais fumé.

Enfin, le RESPADD juge non fondée scientifiquement la théorie de l’effet passerelle. Les jeunes ayant déjà vapoté seraient même moins susceptibles de devenir fumeurs quotidiens.

Alors même que la plupart d’entre nous savent déjà tout ça, et l’ont déjà répété des centaines de fois, ce document mérite d’être lu et surtout diffusé. Il confirme, tout simplement mais avec l’autorité d’un opérateur d’État, ce que les professionnels de la vape défendent depuis des années !