Encore bien trop souvent entre deux produits pourtant radicalement opposés : la cigarette électronique et la cigarette combustible.
Elle se heurte notamment à l’idée persistante — et largement répandue — selon laquelle la nicotine serait cancérigène. Or, rappelle-t-elle, on sait parfaitement aujourd’hui que la nicotine est avant tout une substance addictive, et non un agent cancérigène.
On peut éventuellement lui reprocher certains effets cardiovasculaires transitoires, mais ceux-ci peuvent être observés aussi bien avec la cigarette électronique qu’avec des substituts nicotiniques classiques comme les gommes ou les patchs.
Pour elle, il est donc essentiel de rétablir les faits et de dissiper les confusions qui entretiennent la peur ou la méfiance.
Justine prend également le temps de remettre à plat un autre type de discours qu’elle rencontre fréquemment : celui des personnes qui se définissent comme « gros fumeurs » ou « petits fumeurs ».
Certes, la quantité de tabac consommée est un facteur de risque important, mais la durée d’exposition joue elle aussi un rôle majeur dans le développement des pathologies liées au tabac.
C’est pourquoi elle s’attache à déconstruire les raisonnements simplistes de ceux qui s’estiment « hors de danger » sous prétexte qu’ils ne fument qu’une ou deux cigarettes par jour, ou uniquement dans des contextes très précis — en soirée, le week-end, ou lors d’occasions particulières.
Pour elle, minimiser sa consommation ne signifie pas être protégé, et il est crucial de le rappeler sans culpabiliser mais avec fermeté.
Dans sa pratique professionnelle, elle observe également une évolution intéressante : le nombre de fumeurs masculins tend à diminuer, tandis qu’il reste relativement stable chez les femmes.
De plus elles semblent observer une difficulté plus importante chez ses dernières pour se sevrer par rapport aux hommes. Et lutter contre cette tendance lui tiens à cœur car elle est consciente que les femmes court des risques différents de ceux des hommes, notamment dans des phases clés de leur vie comme la ménopause ou après une exposition prolongée au tabac, le chamboulement hormonal est propice à l’apparition de pathologies spécifiques.
« Entre une incertitude relative et une certitude dramatique : mieux vaut s’éloigner du tabac combustible dès que possible »
Elle note aussi que, contrairement à certaines idées reçues, les vapoteurs ne sont pas majoritairement de jeunes adultes.
La plupart se situent plutôt dans la tranche des 30 à 45 ans, souvent des personnes ayant déjà un long passé tabagique derrière elles. Les 20-25 ans, quant à eux, constituent de plus en plus une génération de non-fumeurs, qui n’ont jamais touché à la cigarette traditionnelle… ni à la vape.
Pour Justine, ce phénomène est révélateur d’un changement culturel profond : la cigarette n’a plus du tout l’aura « cool » qu’elle pouvait encore avoir il y a vingt ou trente ans, lorsque les héros de films d’action ou les personnages de séries fumaient à l’écran sans que cela ne choque personne.
Aujourd’hui, la cigarette est devenue franchement has-been, et elle considère que c’est une excellente nouvelle.
Justine nous a finalement appris que, malgré sa formation universitaire en tabacologie, il ne lui est pas possible de s’installer en tant qu’infirmière libérale spécialisée dans ce domaine, alors que n’importe quel coach autoproclamé peut s’improviser « expert » du sevrage tabagique.
Une réalité à la fois complexe et, au fond, assez peu surprenante lorsqu’on connaît les zones grises qui entourent encore la réglementation de ces pratiques.
On ne peut toutefois s’empêcher de trouver profondément regrettable qu’une professionnelle disposant d’une véritable formation, d’une expérience solide et de compétences reconnues ne puisse exercer officiellement dans un cadre légal clairement défini.
Cette situation contraste d’autant plus avec l’importance du rôle que certaines infirmières en médecine du travail peuvent jouer dans la lutte contre l’un des plus grands fléaux de santé publique.
À travers son engagement, Justine démontre qu’il existe, au sein même du système de soins, des acteurs capables d’apporter un accompagnement rigoureux, bienveillant et scientifiquement fondé aux personnes souhaitant sortir du tabagisme.
Son témoignage met en lumière une dimension souvent méconnue de cette profession et rappelle à quel point leur contribution peut être déterminante.
Pour tout cela, nous tenons à remercier chaleureusement Justine : pour son implication quotidienne dans cette lutte, pour la clarté de ses explications, et pour le temps précieux qu’elle nous a accordé.
Son regard éclairé et son investissement personnel donnent une profondeur supplémentaire à ce sujet essentiel, et nous rappellent que derrière chaque démarche de sevrage, il y a aussi des professionnels engagés qui œuvrent dans l’ombre pour accompagner le changement.



