Entre maturité et tension réglementaire.
En 2025, on estime que la vape rassemble environ 3,6 millions d’utilisateurs actifs, dont 6,1 % des adultes vapotant quotidiennement. La diffusion s’est accélérée : près de 42 % des Français ont déjà testé la vape, contre 26 % en 2014. Cette dynamique traduit une double réalité : la vape séduit les fumeurs en quête de sevrage, mais touche aussi un public plus large ce qui contribue malheureusement à alimenter des débats stériles sur son usage par les non-fumeurs et les jeunes. Mais peut être préférais-t’on les voir s’adonner à la cigarette traditionnelle comme leurs parents et leurs grands-parents avant eux ?
Vape française : Indépendante, locale et professionnelle
Pourtant soyons chauvin, la vape française est certainement la meilleure du monde ! Le marché français se distingue par un tissu industriel fort : près de 70 % des e-liquides consommés sont fabriqués en France, renforçant la crédibilité d’une filière locale. La distribution repose sur un réseau hybride : 3 000 à 3 500 boutiques spécialisées, des plateformes en ligne et de plus en plus de buralistes qui ne peuvent que constater le recul continu de la cigarette classique.
Pourtant, particularité notable, 85 % du marché est détenu par des acteurs indépendants, hors du giron des industriels du tabac, ce qui confère à la vape française une identité distincte et militante.
La perception sociale évolue également. Un baromètre national indique que 49 % des Français jugent la vape moins gênante que le tabac en matière d’odeur et de fumée. Cette amélioration d’image contribue à son acceptation, même si l’équilibre reste fragile. Beaucoup voit encore dans la nicotine un produit nocif voire même cancérigène… Les défis à venir concernent la qualité et la transparence des produits, l’adaptation aux normes futures et la concurrence internationale. Les boutiques spécialisées gardent un rôle central, en accompagnant les consommateurs dans le choix du matériel des liquides et la formation.
Un avenir compliqué
Mais 2025 marque une période charnière et peut être la fin d’une ère. Les projets de régulation se multiplient avec depuis quelques semaines le plus notable d’entre tous, l’article 23 du PLF qui voudrait mettre en place une taxation des e-liquides nicotinés, la fin de la vente en ligne et un agrément pour les vapeshops. Ces mesures pourraient remodeler en profondeur le secteur.
Malgré cela, les perspectives restent positives : si la fiscalité demeure maîtrisée, le marché pourrait encore dépasser 1,6 milliard d’euros en 2025.
En résumé, le marché de la vape en France en 2025 est solide, diversifié et ancré localement, mais il avance sur une ligne de crête entre opportunités de croissance et surtout dorénavant une incertitude réglementaire qui met toute une industrie sous tension et pourrait dans le pire des scénarii faire disparaître près de 20 000 emplois. Une filière indépendante, innovante et mobilisée, qui devra continuer à défendre sa place face aux pressions politiques et économiques.



